Multiples interfaces
Pour Josh Rubin de Cool Hunting nos interfaces ne cessent d’évoluer, passant de la dactylographie au glissement (from typing to swiping). On est passé des machines à cartes, aux claviers… Incontestablement, les interfaces alphanumériques ont permis d’élargir les travaux qu’il était possible de faire avec les machines. L’arrivée des interfaces graphiques (la souris) et des ordinateurs personnels ont permis aux machines d’être plus accessibles au plus grand nombre. Les hyperliens et les interfaces gestuelles et tactiles continuent à élargie cette assise. Et les interfaces toujours plus transparentes et intuitives vont continuer à favoriser l’adoption des machines.
Pour Michael Tchao du Nike TechLab, il fallait imaginer le prolongement du Kit Nike+iPod, ce dispositif qui permet d’enregistrer via son iPod son activité sportive via une puce qui se place dans la chaussure. Comment associer une communauté numérique et une activité physique ? Pour Michael Tchao, il a fallu comprendre la pyramide des motivations des utilisateurs. Assurément, la mesure des performances sportives permet de créer la motivation… Restait à créer des outils autour du kit qui soient simples, sociaux et amusants. Et comprendre, comment à partir de quelque chose d’aussi simple et bon marché qu’un capteur installé dans une chaussure, on pouvait essayer de créer une communauté. D’où l’idée de permettre aux utilisateurs du kit de mesurer leurs résultats, de les comparer et même de se défier…
Francesca Rosella est créatrice de mode et Ryan Genz est ingénieur. Tous deux ont fondé Cute Circuit, une société qui conçoit des vêtements technologiques ou plutôt des technologies qui se portent (wearable technology). Voilà longtemps que les gens portent de la technologie sur eux, leurs lunettes n’étant pas la moins répandue. Ils ont développé le HugShirt, le premier vêtement de télécommunication, mais également bien d’autres magnifiques vêtement comme la robe kinétique (Kinetic Dress), le Skirtelon, la Robe téléphone mobile qui intègre un micro et un écouteur dans sa manche et rend l’acte de téléphoner plus discret et plus élégant : “la valeur n’est pas dans le téléphone, mais dans l’acte de téléphoner”. Ils ont même imaginé une robe composée de 24 000 leds lumineuses, exposée actuellement à Chicago.
Demain, “Nous ne porterons plus d’habits, ils seront notre plus intime interface avec le monde”, clament-ils.
Chris Pratley de Microsoft Office Labs a montré la vidéo réalisée récemment par ses studios pour montrer comment Microsoft voit l’avenir des interfaces, malgré ce qu’il a essayé de faire, il était difficile d’en rajouter.
Dale Herigstad de Schematic rappelle que pour l’instant, nous communiquons par l’intermédiaire d’écrans. Mais que l’intelligence que nous mettons dans les écrans permet de plus en plus de se passer de commandes, pour utiliser les mains et la navigation gestuelle, comme Schematic y travaille en mettant au point un téléviseur où l’on navigue dans les programmes par les gestes de la main. Pourtant, Dale Herigstad semble impressionné par d’autres interfaces, notamment celle du casque développé par Emotiv qui consiste à faire disparaître les gestes pour passer à une interaction plus humaines utilisant la cognition, l’expression facile et les émotions. Et de montrer (vidéo) qu’on peut déjà déplacer un fauteuil roulant par ses expressions faciales, en souriant pour le faire avancer ou en clignant des yeux pour le faire tourner.
Vu à ICT’08 : Eduwear, créer des interactions avec les textiles intelligents
Eduwear est un kit pour créer des interfaces tangibles. Il consiste en une petite malette pour les enfants, comprenant un kit de construction composé de textiles intelligents, de fil conducteur, de diodes, d’une batterie et d’une connectique simple pour créer des objets textiles intelligents. L’idée est d’offrir aux plus jeunes un médium éducatif facile à appréhender pour jouer autrement avec les nouvelles technologies. Avec cette malette, les enfants peuvent fabriquer leurs vêtements intelligents, apprendre par la pratique le rôle des interfaces haptiques et tactile. Un laboratoire virtuel en ligne servant de plateforme pour développer les fonctionnalités des constructions est également disponible. Il permet d’apprendre aux enfants ce qu’est le mouvement, de les accompagner dans la découverte des technologies tout en leur offrant un matériel ludique qui peut se plier à toutes leurs fantaisies. A la confluence de l’esthétique, de l’électronique et de l’informatique, Eduwear permet aux plus jeunes d’appréhender concrètement ce que les nouvelles technologies vont leur permettre de réaliser, comme l’explique leur plaquette.
Ce projet est développé par l’équipe de TechKreativ du groupe Digital Media de l’université de Brême, en Allemagne (voir leur plaquette de présentation en anglais). TechKreativ met en place des ateliers pour les plus jeunes, non seulement autour de l’informatique qui se porte (wearable computing), mais également autour des robots. L’équipe organise des camps de l’innovation avec les enfants en utilisant des interfaces de programmation faciles d’accès pour eux comme les célèbres RoboLogo ou les Lego Mindstorm. Parmis les ateliers déjà mis en place, signalons encore SmartDance, un atelier consistant à faire se rencontrer un chorégraphe, des enfants et des technologies. Les enfants programmant des capteurs pour faire varier les lumières de la scène en fonction des chorégraphies qu’ils réalisent.
Stimulant, non ? Connaissez-vous des ateliers de ce type en France ?







