Fing
07/07/2010

#Lift10 : La vie privée, c’est l’autonomie !

La vie privée n’est pas morte, elle est essentielle pour mon autonomie et mon identité, explique Adriana Lukas. La vie privée s’appuie sur le besoin de l’utilisateur en ligne d’être le point d’intégration des données qu’il partage, L’individu est le meilleur juge de ses besoins en terme de vie privée. En dehors des cercles sociaux les plus proches, il nous faut comprendre les conséquences du partage d’information. Mais quand ce contrôle n’est pas entre nos mains, nous n’avons pas de prise sur ces conséquences. Nous ne savons pas le plus souvent comment notre vie privée est exploitée par d’autres. 

La vie privée repose sur le comportement (ce que je veux partager), la propriété (le contrôle des données) et ce que les autres peuvent faire avec nos données. La vie privée n’est pas le secret que je ne veux pas révéler, non. Facebook est devenu un bouc-émissaire facile (en partie pour de bonnes raison), parce qu’il ne nous donne pas l’autonomie nécessaire à la maîtrise de notre vie privée. Or, pour la contrôler, il nous faut des outils, des systèmes de gestion de la vie privée dont nous soyons maîtres. 

C’est cette idée qu’il y a derrière le projet Mine (Themineproject.org) et le concept de VRM (Vendor Relationship Management). Ce dernier s’appuie sur les règles du Cluetrain Manifesto qui analyse les marchés comme des conversations et des transactions. Dans un marché, on sait établir une relation avec un marchand qui parfois se transforme en transaction. Il faut pouvoir gérer les  transactions et relations selon nos propres termes. Alors que le plus souvent, le marchand a plus de contrôle dans la relation en ligne que le client. Les règles du VRM crééent une relation volontaire entre client et marchand : les client sont né libre et indépendants, rappelle la liste des règles. Ils constrôlent leurs propres données et assignent leur propres termes aux services qu’ils utilisent, ils peuvent exprimer leurs demandes librement et surtout, il affirme que les clients libres sont plus précieux que les clients captifs. Le VRM consiste à apporter aux clients des outils pour les rendre indépendants, alors que les outils d’implications sont tous différents et tous fournis par les vendeurs. L’idée est de rééquilibrer le pouvoir. 

Les données personnelles ne sont plus ce qu’elles étaient. Sur le web social, on génère tellement de données sur tellement de plates-formes que notre identité est profondément divisée… Tous les outils que nous utilisons nous permettent de faire des choses. Mais peut-on capter, manipuler nos données avant que qui que ce soit ne puisse le faire à notre place ? Nous avons besoin d’un endroit où déposer nos données pour en faire ce qu’on veut, en y ajoutant de la valeur que nous seuls maîtrisons. On a envie d’en savoir plus de nos données pour en apprendre sur soi : savoir ce qu’on a acheté sur Amazon, connaître nos consommations d’informations selon les sites qu’on fréquence le plus assidument, etc. Avant d’être sociales, on a envie de nos données pour soi. 

J’ai démarré le projet Mine en Open Source pour répondre à ces besoins, explique Adriana Lukas (adriana.mine.com).L’idée est de permettre de stocker des éléments de nos choix et les partager, les exporter, les fouiller, les conserver… sur quel que sujet que ce soit et d ela façon dont on le souhaite. On peut développer des applications, générer des flux de données partageables en définissant les personnes auxquelles elles s’adressent, créer des flux personnalisés… L’utilisateur doit pouvoir être autonome des plates-formes. Sur Mine, on peut créer des fils RSS en décidant ce qui est publié, mais également qui pourra y accéder. On peut personnaliser ses fils selon ses récepteurs. Cela vous donne un contrôle de vos données, une maîtrise. On pourrait donner une adresse à une banque et cesser de l’alimenter quand on souhaite en changer par exemple. C’est une première expression d’une interface sur laquelle on peut agir, qui permet de mesurer son comportement, de voir les données qu’on partage. Ainsi pour une amie qui apprécie de faire du shopping, j’ai créé un fil qui s’alimente automatiquement de données et sur lequel je peux adresser des tags, des données d’achats provenant de multiples sources , me permettant de vérifier visuellement ce qu’elle va recevoir, si j’ai un doute sur ce qu’elle reçoi. L’idée est d’utiliser une plateforme permettant à l’utilisateur d’être maître de tout ce qu’il publie. Selon les tags que j’introduit dans ce que je partage, cela est distribué dans tel ou tel fil RSS, à destination de moi seul, de mes amis ou de tous… Je peux valider à chaque moment lequel de mes amis reçoit une information, à quels tags ils sont abonnés…

Quand les gens verront ce type d’application, accessibles et utilisables facilement, peut-être comprendront-ils que la maîtrise de leurs comportements est à portée de main. La vie privée n’est rien d’autre que l’autonomie et la possibilité de gérer finement ses propres données.. 

#Lift10 : La valeur de la vie privée est de nous permettre d’avoir une vie privée

Daniel Kaplan, délégué général de la Fing, et auteur d’Informatique, liberté, identité, explique : “il y a quelque chose qui ne marche pas. La vie privée vient souvent à la fin des problématiques qu’on soulève, comme quelque chose sur lequel tout le monde se heurte”. On a du mal à appréhender ce qui a changé, ce qui pourrait changer entre nos pratiques et notre vie privée. Il faut s’intérresser à ce qui change, ce qui a bougé dans le paysage. Les données personnelles sont aujourd’hui l’une des matières premières de l’économie numérique, elles permettent de construire des relations, elles sont la substance des services et des produits, à l’image des barres de chocolat personalisées (YouBar). Nos lois en matière de vie privée sont anciennes. Elles étaient prophétiques, mais elles ont toutes entre 30 et 35 ans. Elles se sont adaptées, mais les données personnelles à l’époque, on savait où elles étaient, on savait qui les collectait, on les produisait de manière consciente permettant de déclarer des fichiers et on savait où elles étaient physiquement stockées. Or, tout cela a changé. Les données personnelles sont désormais des données qui ne le sont plus. Il suffit d’en recouper quelques-unes pour pouvoir nous réidentifier. Elles sont produites par des objets qu’on achète ou utilise ou portons, par les autres (qui parlent de nous, nous étiquettent) et par nous. Elles sont des sous-produits de toutes les activités humaines qui ont un substrat numérique. Elles ont tendance à se dupliquer tant et si bien qu’on ne sait pas où elles sont. 

Des barrières sont en train de sauter. Les yeux des caméras de surveillance qui nous regardent nous font désormais nous sentir en sécurité. Mark Zuckerberg dit bien que la norme sociale a changé. La question de la vie privée est une question du passé, affirme-t-il. C’est ce que tout le monde constate et les gens font leur business dessus. Mais est-ce si vrai ? Que font les gens ? C’est ce qu’on appelle le paradoxe de la vie privée, souligne Daniel Kaplan en montrant la baisse des requêtes sur le mot privacy dans les requête que nous faisons sur Google Trends et la montée du terme dans Google Actualité. Dans nos pratiques, cela n’a plus d’importance, mais dans nos angoisses, la disparition de notre vie privée nous inquiéte. 

Pourrait-on regarder d’un peu plus près ce que les gens font en vrai ? C’est beaucoup moins simple qu’on le croit quand on regarde l’enquête SocioGeek. Les gens ne dévoilent pas tout dans n’importe quelle circonstance, les gens tentent d’évaluer le risque. Sociogeek s’intéressait à savoir ce que publieraient les utilisateurs de réseaux sociaux pour entrer en relation avec d’autres. Nous sommes très loin d’une espèce de dévoilement massif irréfléchit où les gens nous montreraient tout d’eux sans discrémination. Il y a à chaque moment des stratégies qui s’expriment. On ne montrera pas notre soufrance, notre tristesse, la nudité, la maladie, la nudité de nos enfants. Mais d’autres valeurs de différenciation sont fortes : on montre ce qui est important pour soi, ce qui nous implique comme si je suis supporter de foot ou fan d’un groupe de rock. Et si cela choque celui à qui cela s’adresse, cela signifie que cette personne ne nous intéresse pas. On travaille notre présentation en fonction du résultat qu’on en attend. 

Les gens ne sont pas si inconscients que cela en ligne en ce qui concerne leur vie privée, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de réelles vulnérabilités. Dans le programme Identités Actives de la Fing, on a montré l’importance de maîtriser certaines choses : ce que je montre, ma joingnabilité… Mais d’autres apports ont une influence sur ce que je suis capable de dévoiler de moi, comme la commodité, le fait qu’on puisse gagner du temps ou le fait de pouvoir entrer en relation avec les autres, valorisant ce que je suis, ce que je sais faire, voir me permettant de me connaître moi-même. Toutes ces motivations travaillent ensemble et permettent de revisiter la vie privée. Se protéger, quand la vie n’est pas en jeu, n’est pas une motivation suffisante. Les protections légales ne suffisent plus. 

Ce qui mérite d’être défendu, c’est la vie privée comme base de l’autonomie personnelle. C’est la vie privée qui me permet de revenir sur mon expérience pour décider ce que je veux faire. La vie privée est une tête de pont pour se projeter. La valeur de la vie privée est de nous permettre d’avoir une vie publique. La protection et la projection de soi sont si liées dans les aspirations, qu’elles nécessitent de repenser nos outils qui doivent nous permettre de réaliser nos aspirations. La société doit offrir à ses membres des lois et de règles pour protéger la vie privée, mais nous devons également équiper et outiller les individus pour atteindre la capacité à se projeter. Projeter, Enseigner. Mettre en capacité. Face à ces objectifs, certains outils existent, d’autres nécessitent néanmoins d’être mieux regardés. 

En France nous parlons beaucoup de droit à l’oubli. Il n’y a pas de traduction anglaise dans les discussions anglo-saxonnes. Le net peut-il oublier ? Ce n’est bien sûr pas si simple. Le flou est une démarche intéressante par rapport à cette question, car on n’arrive pas nécessairement à supprimer toutes les informations. Les chercheurs qui ont travaillé sur le lifelog, les processus permettant d’enregistrer notre expérience personnelle, envisagent de créer des dispositifs d’enregistrement complet. Mais la mémoire se constitue en oubliant, floutant, intervertissant ce qu’on enregistre. Quand nous nous souvenons, nous réécrivons ce dont on se souvenait. Peut-on inscrire dans nos dispositifs techniques des méthodes similaires au fonctionnement de notre mémoire ? Pourrait-on avoir des capteurs et des bases de données qui oublieraient d’enregistrer des données, qui ne soient pas capables de répondre à toutes les demandes ? Cela permettrait surtout d’installer un principe d’incertitude radical par rapport à la masse d’information disponible. Il y a dans ces idées des outils à imaginer à l’image de ceux qu’imaginent des vendeurs d’alibis (alibinetwork.com).

Deuxième exemple, les hétéronymes. Nous avons plusieurs identités, mais ce sont des pseudonymes temporaires le plus souvent. Peut-on transférer la valeur de notre personnage vendeur sur eBay ou de maître de guilde dans World of Warcraft en le valorisant ailleurs ? Pourrions-nous avoir des personnalités durables et riches existant dans de multiples univers, disjointes de notre identité civile. L’hétéronymat n’est pas qu’un pseudonyme, mais une personnalité disjointe de nous. Pourrions-nous prendre au sérieux cette idée et la creuser ?

Enfin, pourrions nous voir l’idée de l’ePortfolio, qui permet de référencer, pointer les éléments formels qui sont des preuves de nos compétences : diplômes, emplois, mais aussi ce que les gens ont dit de bien de vous, nos hobbys, nos talents…  pour en créer des vues différentes selon à qui l’on s’adresse ? L’utilisateur aura la possibilité de projeter ce qu’il aura envie de dire. Il faudrait passer du droit d’accès et de rectification aux données pour les  supprimer ou les corriger, à un droit d’accès et de récupération. Au lieu de contrôler, pourrait-on obtenir ce que d’autres organisations savent de moi pour mieux me connaitre, pour mesurer mon empreinte carbone, et me permettre de créer des outils d’analyses personnels permettant de mieux les exploiter, d’en faire quelque chose ? 

Il va falloir éduquer les enfants aux dangers de l’internet, répète-t-on souvent. Mais comment un prof quinquagénaire peut-il  apprendre Facebook à un ado de 15 ans ? Le sexe, ça rend malade nous apprenait-on déjà il y a 20 ans dans les cours d’éducation sexuelle… Sauf qu’on oubliait de nous dire que ce n’était pas que cela, mais aussi du plaisir et de l’amour. Pour mieux montrer aux parents ce qu’est Facebook pour les enfants, il faut s’intéresser aux compétences que ces outils permettent de développer. Facebook apprend à savoir ce qu’on montre ou pas de soi, apprend à gérer des conflits ou des problèmes… Facebook apprend des compétences nécessaires au fonctionnement de la société d’aujourd’hui. Là aussi, pris sous cet angle, nous pourrions faire des progrès dans l’apprentissage de la gestion de notre identité, en en voyant les valeurs positives plutôt que les risques.

Venez à Lift 2011 en nous disant comment vous avez créer de la valeur à partir des données personnelles, nous invite Daniel Kaplan. Espérons que le message sera entendu !:

05/05/2010

#Lift10 : Redéfinir la vie privée ?

Bloging live en direct la conférence Lift à Genève. #lift10.

Pour Oliver Glassey de l’observatoire des sciences, de la politique et de la société à l’université de Lausanne, toute la question est de savoir comment la vie privée évolue à l’heure des identités socialement distribuées. On a l’impression que nous ne contrôlons plus la vie privée. Faut-il croire que la vie publique est la nouvelle norme de notre vie privée ? Faut-il croire ceux qui font la collecte de nos données personnelles qui nous en annoncent la fin ?

Quand on regarde comment les gens agissent en ligne, traite leur vie privée ou en parle, on est pourtant loin de la la prédiction apocalyptique de la fin de la vie privée. Les “Digital Natives” sont tout à fait conscients de la vie privée, ils en ont tous une et en ont tous une définition, comme le montre les travaux de danah boyd notamment. Ils n’en ont pas rien à faire, comme on voudrait nous le faire croire rapidement. Ils développent des stratégies complexes pour se protéger, mentir… et négocier les informations qu’ils acceptent d’échanger avec d’autres, en ligne. 

Force est pourtant de constater que les gens publient de plus en plus d’information en ligne… Comment comprendre cette évolution ? Tout d’abord, il ne faut pas oublier que nous faisons face à de nouveaux artefacts, relativement récents. Pour beaucoup, les gens jouent avec leur identité en ligne, avec les gens qu’ils connaissent ou ne connaissent pas, comme le montre le coup de pub de Burger King, soulignant avec quelle facilité des centaines de milliers de personnes ont sacrifiés 10 de leurs amis sur Facebook en échange d’un hamburger gratuit. Pour Olivier Glassey, cela montre bien qu’une grande part de notre identité en ligne est aussi un jeu. Ce qui pose la question de savoir quelle valeur a notre amitié en ligne par rapport à nos amitiés réelles ? Quelles sont les connexions entre notre identité en ligne et notre vie réelle ? Mon identité en ligne est-elle réelle ? 

Il y a beaucoup de formes d’identitiés sociales en ligne. Notre identité, la façon dont est perçu, est fragmentée selon les communautés auxquelles ont participe. Notre identité n’est pas la même sur ASmallWord et sur BeautifulPeople : on ne partage pas la même identité selon le contexte. Cela nécessite d’explorer la définition de soi-même et la conformité des contraintes liées à la pression de nos pairs. Que présentons-nous de nous-même en ligne ? Est-ce une représentation idéale de soi, ou le reflet de notre personnalité ? Sur Facebook, les gens ne prétendent pas nécessairement construire une image idéale d’eux-mêmes, mais plutôt refléter leurs personnalité.  Notre identité en ligne se bâtit sur les contraintes liées à la représentation de soi et à la pression des autres. 

Peut-on réinventer des frontières privées hétérogènes autour de notre identité ? L’étude Sociogeek a tenté de mesurer les contrastes qu’il y avait entre la représentation et la perception de l’intimité. Cela montre que les cultures de l’intimité sont diverses selon des critères sociaux, personnels… voire culturel, comme le montre le site Combiendebises.free.fr.  Cette carte montre bien qu’il y a des frontières culturelles de la normalité, même dans un même pays. Comment nos cultures coexistent-elles dans les systèmes sociaux en ligne ? La coexistence de ces dynamiques, de ces négociations et coordinations entre ces aspects est difficile à mesurer. Mais ces éléments sont à prendre en compte dans la définition de ce qu’on peut considérer comme normal ou relevant de la vie privée. Le contexte détermine pour beaucoup ce que l’on entend par privé ou public. 

Il faut comprendre la contradiction entre les dynamiques sociales et les réseaux sociaux. On ne parle pas de la même façon à son père seul, que s’il y a un collègue à côté de nous. Ce que l’on considère comme relevant de la vie privée est complexe. Pour réussir le test de Turing, une machine ne doit pas seulement être capable d’imiter un humain, mais aussi de l’imiter dans différents contextes pour différentes communautés. Et cela n’a rien à voir avec l’ajustement des fonctionnalités publiques de nos profils. La flexibilité de la vie privée selon nos rôles sociaux obéissent à différents buts et sont assez difficile à imiter via les sites sociaux. Pour les gens, les paramètres de contrôle de la vie privée sur les sites sociaux apparaissent avant tout comme des boites noires.

Il est délicat de comprendre comment nous négocions notre vie privée sur les réseaux sociaux. Comment gérerons-nous collectivement les données fragmentées de notre passé ? Facebook peut-il permettre, à long terme, de reconstruire nos biographies ? Pourtant, c’est bien à long terme qu’il faut penser la mémoire de nos vies privées. La fracture numérique de demain ne sera-t-elle pas entre ceux qui ont bâti leur identité en ligne et ceux qui ne l’auront pas bâti ? Quels outils, quelles règles légales, quelles normes sociales pourrons nous permettre de construire une mémoire et une amnésie sociale ? 

Voir aussi les notes de Stéphanie Booth.

05/11/2009

Un semblant d’ouverture ?

27/02/2009

Lift09 : Pourquoi devrions-nous bien accueillir la fin de la vie privée ?

Bill Thompson, célèbre éditorialiste spécialisé dans les technologies à la BBC a voulu faire un open stage provocateur, en montrant qu’on pourrait tirer partie de la fin de la vie privée qu’annoncent les sites sociaux et nos productions massivement numériques.

On partage via le numérique plus d’information que ne pouvait en recueillir un agent de la stasi sur une personne, parce qu’on pense que cela peut nous apporter plus d’avantages que d’inconvénients. Qu’est-ce qu’un être humain dans une ère de post-intimité ?, se demande Bill. “Je dis tout sur moi et ne craint pas que tout le monde y ait accès” Il n’y a qu’un pas avant que demain n’importe qui n’ait accès à nos e-mails, même les agences de l’Etat. Bien sûr, Bill est contre le fait que les agences de l’Etat construisent des bases de données sur les gens, mais le fait que chacun publie lui-même change considérablement la donne.
“Si nous croyons en l’individu, si nous croyons que nous nous définissons essentiellement par les réponses que nous avons de notre environnement et des gens qui nous entourent, alors l’intimité est une illusion qui n’est pas nécessaire”.

Nos sociétés sont fondées sur des croyances a propos de l’intimité, héritées des Lumières, mais qui sont obsolètes. “Il faut repenser ce qu’est un être humain !” Nos vies sont ouvertes et risquent de l’être de plus en plus. “Pouvons-nous dépasser l’idée obsolète que représente la vie privée, la sphère privée ?”

Reste que Bill n’en donne pas les pistes.