Comment on veille ?

Par hguillaud - 20 octobre 2013
On nous demande souvent, mais quel outil de veille utilisez-vous ? Comme si l’outil, allait être une réponse magique permettant d’organiser de lui-même le cycle de l’information.
Je réponds souvent que l’outil n’a pas grande importance. L’essentiel est plutôt de mettre en place un process commun, de préciser pour chacun de ceux qui y prendront part et pour tous, le rôle de cette veille et de s’assurer des formes et modalités de mise en partage ET de mise en valeur. 


Le process est d’abord éditorial. Comment chacun “veille”-t-il ? Sur quoi ? Sous quelle forme le produit de la veille est-il produit (résumé ou texte extensif, liens ou formule papier, imagé ou pas, traduction ou pas…). Quelle rôle a cette veille ? Tous les participants ont-ils le même objectif, et si ce n’est pas le cas, comment les rendre complémentaires ?
Quel est le niveau d’outillage des participants à cette veille ? Sont-ils très à l’aise avec les outils web ou assez peu ? Travaillent-t-ils surtout depuis un poste fixe ou avec des smartphones ? Sont-ils suffisamment à l’aise pour utiliser plusieurs outils en ligne ? Enfin, comment montre-t-on à chacun et à tous ce qui est produit, ce qui nécessite souvent de trouver d’autres outils pour relayer les flux de veille, les outils de signets sociaux (comme Delicious ou Diigo) notamment étant assez mauvais pour afficher des résultats…
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C’est seulement en fonction de tout cela qu’on orientera les gens vers un simple Pinterest commun, un Tumblr partagé, des choses plus évoluées (comme un Diigo associé à un Flipboard, un Paper.li , un Scoop-it ou un Pearltrees pour la monstration de la production commune par exemple ou un Storify pour les plus avancés)… etc. Reste encore à former aux outils de veille comme TweetDeck ou Feedly… Et à faire fonctionner toutes les passerelles avec des outils comme IFTTT… ou Dlvr.it

A la Fing, on a plusieurs fois fait de l’acculturation sur Diigo, mais comme c’est un outil un peu compliqué, force est de constater que quelques-uns l’utilisent très bien et la plupart ne l’utilisent pas (pas le besoin, trop compliqué pour eux, etc.). Et ce, malgré plusieurs séances de formation et d’outillage en interne (où l’on va jusqu’à installer les plug-in adéquats dans les navigateurs de nos collègues).

La seule chose qui est bien passée, même chez ceux qui ne l’utilisent pas (mais utilisent d’autres outils et finalement, c’est tout à fait leur droit) c’est l’éditorialisation, car beaucoup en ont compris l’importance, à la fois pour eux (faire un résumé aide à comprendre et à assimiler l’information) et aussi pour retrouver ce qu’ils mettent de côté (car la finalité de la veille, très souvent est d’arriver à une production organisée). Faire un signet clair avec le titre de l’article, la source, un résumé (toujours en français) qui synthétise l’essentiel, reprend ce qui vous semble important (un exemple, une citation, des liens…), augmenté de tags qui vous sont propres et de tags communs au groupe de veille font partie des pratiques de bases, qui, à défaut d’être magiques, sont un premier pas vers une veille partagée.

Certains d’entre vous auront certainement des pratiques bien plus outillées, documentés et avancés. Mais il me semble que ces quelques règles peuvent suffire à enclencher une dynamique, qui n’est pas si simple et qui demande du travail, quoiqu’il en soit. Récompensez les efforts, ne pas blâmer ceux qui ne participent pas… Font également partie des règles d’encouragement.