Le “travailleur” de demain sera un mouton à dix pattes

Par aurialiej - 11 mars 2013

Le numérique a changé l’activité productive et va continuer à la faire évoluer. Dans un monde de plus en plus informatisé, connecté, automatisé, robotisé, l’humain va devoir développer de nouvelles compétences, principalement dans les activités de services. Les 2 études reprises ci-après (une française et une américaine) ont cherché à les décrire, sans s’attacher à des activités particulières ou aux possibles métiers du futur. 

Dans l’étude du CAS  et de la DGT sur  “L’impact des technologies de l’information et de la communication sur les conditions de travail”, Yves Lasfargue décrit les 10 évolutions qui modifient les conditions de travail dans la société numérique (p. 87). Ainsi, le “travailleur” devra savoir gérer :

- les changements permanents (du matériel, des logiciels)

- la numérisation et l’abstraction (ainsi que la dématérialisation, les trois provoquant un sentiment de déshumanisation des relations)

- les informations de plus en plus écrites (impliquant l’exclusion des illettrés)

- l’interactivité et l’instantanéité

- la surabondance des informations

- la logique contractuelle (obligation de suivre des procédures, d’atteindre des objectifs)

- le temps et l’urgence

- l’espace et le travail à distance

- la vulnérabilité (des systèmes complexes fragilisés par les pannes, les attaques, …)

- la traçabilité et la transparence

 image

Institute for the future a été un peu plus loin en décrivant les 10 compétences nécessaires en 2020 (j’ai gardé les notions en anglais, car leur traduction n’est pas toujours aisée en français). Ces compétences sont les suivantes :

- Sense-making : capacité à déterminer le sens profond de ce qui est exprimé (différencier les homonymes, par ex)

- Social intelligence : capacité à se connecter aux autres d’une façon profonde et directe, à comprendre les réactions des autres et à stimuler des interactions

- Novel & adaptative thinking : capacité à penser et à arriver à des solutions et des réponses au-delà de ce qui est appris par cœur ou  basé sur des règles

- Cross-cultural competency : capacité à travailler dans différents milieux culturels

- Computational thinking : capacité à traduire une importante somme de données et d’informations dans des concepts abstraits et à comprendre un raisonnement basé sur des données

- New-media literacy : capacité à évaluer et à développer du contenu qui utilise les nouvelles formes de média, et à s’appuyer sur ces médias pour une communication convaincante

- Transdisciplinarity : capacité à comprendre des concepts venant de diverses disciplines

- Design mindset : capacité à représenter et développer des taches et des processus de travail pour les résultats voulus

- Cognitive load management : capacité à filtrer l’information par importance, et à comprendre comment maximiser le fonctionnement cognitif en utilisant une variété d’outils et de techniques

- Virtual collaboration : capacité à travailler de façon productive, à mener une mission et à montrer sa présence comme un membre d’une équipe virtuelle.

 image

Une grande partie de ces compétences sont des actions que les robots ne savent pas encore faire. Dans cet article de The Economist, intitulé “Robocolleague”, l’auteur conclue en écrivant : “les entreprises peuvent trouver plus intéressant d’investir dans des technologies qui améliorent la productivité des travailleurs nationaux moins qualifiés, en augmentant leurs salaires. Un jour, les robots intelligents pourront changer cette situation. Mais tant que les humains conserveront l’avantage de la flexibilité cognitive, les entreprises continueront de tirer parti de travailleurs pleins de bonne volonté.

Source images : Institute for the future et Bug-générationnel.blogspot.fr

Reblog via