Avançons !
“L’informatique n’est plus une histoire d’ordinateurs, mais de vie.” Cette phrase de Nicholas Negroponte date d’il y a 15 ans, mais elle reste encore la plus citée des phrases de Negroponte sur Twitter ou sur Google - normal s’il la répète à chaque présentation ;-).
Si le papier est mort, ce n’est pas le cas de l’information. C’est l’utilisation créative des médias qui va nous faire avancer. L’innovation dans l’informatique vient des utilisateurs. Ce constat qui a été à l’origine de la création du Media Lab du MIT s’avère chaque jour un peu plus vrai d’autant plus à l’heure ou toute surface est appelée à devenir un dispositif d’affichage.
Avec l’OLPC, mon rôle a été de rendre possible ce qu’un marché normal aurait du faire. En 2001, on apportait des ordinateurs portables normaux dans des villages de pays en développement où il n’y avait ni téléphone, ni électricité. Cette générosité n’était pas adaptée aux conditions de vie des enfants. 100 millions d’enfants ne vont pas à l’école. Beaucoup y abandonnent l’école parce qu’elle est ennuyeuse.
C’est pour ces raisons qu’on a eu l’idée de construire l’OLPC que beaucoup ont qualifié de gadget ridicule. On l’a fait pour 2 raisons, explique Negroponte : si on ne le faisait pas, personne ne le ferait. Et nous voulions changer les valeurs de la société. Et force est de reconnaître que dans certains pays, le pari est en passe d’être gagné. L’outil est adapté aux conditions de vie. Il résiste au sable. Il est quasiment incassable dit-il en en jetant un exemplaire par terre et en faisant remarquer qu’il n’y a qu’avec l’OLPC qu’on peut faire cela. Les enfants équipés de livres deviennent des apprenants actifs, des inventeurs. Ils apprennent les uns des autres. Plus de 50 % des enfants équipés apprennent à leurs parents à lire et à écrire. “Dans une école en Afrique par exemple, nous avons donné 100 OLPC, chacun contenant 100 livres différents. D’un coup, c’est 10 000 livres qui sont arrivés dans ce village ! Qui a 10 000 livres disponible chez lui ?”
“Enseigner n’est qu’un moyen d’apprendre. Mais l’école est le seul endroit où l’on peu enseigner.” Il y a quelques années, le président de l’Uruguay emballé par le projet a annoncé que chaque enfant aurait un ordinateur et chaque école une connexion haut débit. Et cet objectif vient d’être atteint. Bien sûr, il y a encore du travail. Cela prend du temps pour une nation développée de devenir une nation créative. Mais c’est notre objectif.
Face à cette présentation, vivante mais assez convenue, une question est arrivée sur l’évalution du programme. Negroponte répond par une pirouette : “Mais qui évalue l’électricité !”
“Si nous devons nous poser la question de quel pied nous devons poser le premier pour avancer, nous allons tant y penser que nous ne marcherons jamais plus !”









