Les 4 prochains milliards utilisateurs de téléphones mobiles
On peut connaître l’âge d’un utilisateur selon la façon dont il utilise son mobile, explique amusé le gourou de la mobilité, Tomi Ahonen, distinguant ceux capables d’envoyer un SMS, ceux capables de le lire et ceux qui ne savent pas même ce que c’est.
Les 4 prochains milliards qu’évoque Tomi Ahonen sont les prochains abonnés aux téléphones mobiles. Et de rappeler que le mobile est devenu le premier des médias. Alors qu’on dénombre 480 Millions de quotidiens distribués chaque jour, 1,4 milliards d’utilisateurs d’internet, 1,5 milliards de télévisions, 2,1 milliards de personnes ayant un compte banqcaire, 3,9 milliards de personnes possèdent une radio FM… Mais on dénombre 4 milliards d’abonnés au téléphone mobiles (pour seulement 3,4 milliards de téléphones mobiles).
Tomi Ahonen répertorie 7 révolutions des masses médias : celle de l’imprimerie vers 1500, celle de l’enregistrement audio vers 1890, celle du cinéma vers 1910 Cinéma, celle de la radio vers 1920, celle de la télé à partir de 1950, celle de l’internet dès 1995 et désormais la révolution mobile née dans les années 2000. “Les mobile sont aussi différent de l’internet que la télé l’a été de la Radio”, insite-t-il. Si les contenus de l’internet et de nombreux autres médias seront aussi accessibles sur mobiles, ce ne sera pas nécessairement d’une manière totalement adaptée. Le mobile génère des formes médiatiques adaptées (“On n’a pas de sonneries sur l’internet ou à la radio !”). Le mobile n’est pas un PC plus bête, mais bien un autre support, bien souvent très présent quand on consomme d’autres formes médiatiques. Si la taille de l’écran était si importante, on ne regarderait que des films au cinéma ! L’ordinateur n’a que deux interfaces : les 101 touches du clavier et la souris. Mais les smartphone en ont beaucoup plus : clavier, écran tacticle, caméra, capteurs de mouvements…
Le mobile propose 7 uniques bénéfiques :
- il est le premier média massivement personnel,
- il est connecté en permanence,
- on l’a toujours sur soi,
- il est capable de payer,
- il est disponible
- il propose des informations précises,
- il capture le contexte social de votre consommation.
Le mobile est bien plus qu’une plateforme média.
Les mobiles servent 10 besoins. Ils permettent de
- Communiquer
- Consommer des média
- Payer
- d’être un support publicitaire
- d’être un support de Création (Cameraphone)
- d’être branché sur sa communauté
- d’être à la mode
- de Controler
- d’accèder à du contenu
- et désormais de commander d’autres objets distants
Qu’y a-t-il de magique avec le mobile ? Tomi Ahonen a résumé la magie du mobile au concept des 6 M. Le mobile permet :
- le Mouvement : selon la vitesse et la modalité de votre déplacement, par exemple il est capable de savoir quel moyen de déplacement vous utilisez. Il est capable de mesurer notre empreinte carbone, sans capteur dédié !
- le Moment : il est capable d’étendre le concept de temps en permettant par exemple à des agriculteurs japonais d’avoir des nouvelles de leurs plantation sans se déplacer…
- le Moi : Le mobile en sait plus de vous que n’importe qui, selon le timbre de votre voix, il peut par exemple connaître votre état émotionnel pour servir de détecteur de mensonge ou de détecteur d’empathie avec votre correspondant.
- le Multi-utilisateur : il permet de vous connecter à votre communauté
- le Moyen de paiement (et le canal de vente) : les M-books au Japon ont générés 435 milliards de dollars de chiffre d’affaire.
- la machine : la navigation augmentée que propose Layar par exemple n’est accessible qu’avec des mobiles.
La planète ne compte que 6,7 millliards d’habitants. Comment alors pourrions-nous arriver à 8 milliards d’utilisateurs si nous sommes moins que cela ? C’est parce que sur les marchés émergents notamment, la pénétration du mobile est bien souvent supérieure à 100% et elle continue de croître. Pour Toni Ahonen, à terme, la pénétration du marché dépassera les 120 %. Ce qui signifie que nous aurons plusieurs téléphones : “deux mains, deux mobiles, deux réseaux, deux usages….”
Cela a des impacts directs. Alors que le cycle de vie d’un ordinateur est de 3,5 ans, celui d’un mobile est de 18 mois. Les nouvelles générations de téléphones mobiles (Androïd…) seront là l’année prochaine, s’apprêtant à transformer en profondeur le marché. Les plus jeunes apprennent aux plus âgés à s’en servir. Et qu’en sera-t-il demain avec des enfants qui ont aujourd’hui 9 ans et pour qui le mobile est l’outil qu’ils plébiscitent… Les 4 prochains miliards d’utilisateurs ne seront pas connectés à l’internet, ils n’auront pas d’ordinateurs personnels…Mais ils n’auront pas non plus accès aux téléphones de nouvelle génération. Les 4 prochains milliards d’utilisateurs seront mordus de SMS (un marché de 130 miliards de dollars en 2008, avec un trafic en progression de 50 %, des revenus de 25 % et des utilisateurs de 20 %).
Aujourd’hui, la Finlande supprime les téléphones publiques payants. 60 % des foyers y ont abandonnés la connection filaire. 13 % des utilisateurs de mobiles ne s’en servent pas pour passer des appels téléphoniques ! 46 % des comptes bancaires au Kenya sont des comptes mobiles. En Estonie on peu voter avec son mobile. Seulement 14 % des anglais mettent leur mobile en mode silencieux quand ils dorment !
Le mobile est la plus grande opportunité qui soit en terme de média. Et ce ne sont pas des applications qui vont l’emporter, ni la télé sur mobile… Mais certainement le successeur du SMS, le MMS. Derrière cette proposition qui semble porter à sourire, car le MMS annoncé depuis longtemps a pour l’instant eu du mal à décoler, Tomi Ahonen ne propose qu’un exemple, marquant. BMW a récemment utilisé les MMS pour faire une campagne publicitaire de vente de pneus neige auprès d’acheteurs de modèles récents, en envoyant à chacun l’image personnalisée de sa voiture équipée de ces nouveaux pneus. Le résultat semble éclatant : pour 10 publicités envoyées, 3 personnes ont commandé des pneus neige !







