Fing
23/09/2009

De nouvelles histoires pour de nouvelles audiences

Matt Locke, de Channel 4 education et Jeremy Ettinghausen, éditeur pour Penguin Books (blog), l’un des responsables de la transformation numérique de l’éditeur britannique ont souhaité montrer les changements dans la façon dont le web social permet de raconter des histoires. Venant d’un spécialiste dans les programmes éducatifs télévisuel et d’un éditeur traditionnel, cette approche est doublement intéressante parce qu’elle montre de l’intérieur, comment se transforme à l’heure du web 2.0 la linéarité des histoires que l’on contait via d’autres supports, la télé ou le papier.

Pour cela, ils ont choisis d’illustrer leurs propos par 6 exemples.

Le premier est la série You Suck at Photardshop développée par MyDamnChannel, des tutoriaux d’utilisation de Photoshop assez hilarants qui montrent qu’on peut apprendre avec humour et faire des cours sans se prendre au sérieux…

Le second est le projet Surrender Control, un programme qui vous envoie des SMS pour vous donner de drôles d’ordres à accomplir dans l’instant comme vous mettre les doigts dans le nez ou vous inciter à envoyer des courriers tendres à vos collègues de bureaux.

Le troisième projet est celui développé l’année dernière par Penguin, We Tell Stories, consistant à exploiter les outils et médias du web 2.0 pour développer de nouvelles formes pour raconter des histoires.

I am Cherry Girl développé par MTW repose sur l’idée de développer un personnage fictif, de créer une voix forte, disponible sur toute la chaine des médias du web social.

Qui ne connaît pas Yu-Gi-Oh! : Jeremy Ettinghausen revient sur la grande popularité des personnages de Yu-Gi-Oh!, nés de mangas japonais et devenus, par la force de leur succès, des dessins animés, des films, des jeux vidéos pour toutes les plateformes, et surtout des cartes de jeux vendus à plus de 18 milliards d’exemplaires… Un succès marketing devenu immersif par la multiplicité des supports qu’il est parvenu à atteindre. Yu-gi-Oh! prend tout l’espace conversationnel des enfants… Tant et si bien que les fans s’en sont emparés, ont créé des films, des chaines sur YouTube, un outil en ligne permettant de créer ses propres cartes de jeux… Le personnage est devenu une histoire dans laquelle les gens peuvent participer et jouer… La question derrière cet exemple, c’est comment les médias sociaux transforment des campagnes marketing traditionnels en conversations dynamiques.

Le dernier exemple n’en est pas un. C’est juste une image sur les écrans des jeunes (des écrans de fumées) d’aujourd’hui qui montre l’envahissement des médias sociaux et des microconversations qui captent leur attention. Ce qui va apporter un peu d’attention va avoir beaucoup d’influence, estime Matt Locke. Et l’enjeu risque bien demain de parvenir à capter une part de cette attention.

Ces exemples doivent donner des pistes sur comment raconter des histoires à l’heure du 2.0. Chacune permet d’apprendre quelques règles :

  • Il faut cacher des histoires à des endroits inhabituels.
  • Il faut savoir se donner des contraintes ridicules.
  • Il faut expérimenter en dehors de nos zones de confort, c’est-à-dire apprendre et essayer de nouvelles manières d’écrire et de raconter des histoires.
  • Il faut savoir Inventer un caractère sans storyline, sans histoire directrice forte, mais imposer des présences.
  • Il faut donner du matériel aux fans pour qu’ils jouent avec.
  • Il faut créer des histoires qu’on puisse zapper quand on le souhaite.

Des règles et des contraintes assurément stimulantes pour des auteurs…