Des cartes, et des outils, pour co-produire les économies d'énergie
Et si, plutôt que de partir de technologies, on prenait comme point de départ, et de focale, les gens ? Et si l’innovation considérait les gens, non pas comme des cobayes futurs consommateurs, mais comme des co-concepteurs futurs co-producteurs, et co-participants ?
Franck Kresin, de la Waag Society d’Amsterdam, développe des prototypes de technologies créatives pour l’innovation sociale, parce que l’innovation peut aider les gens à se connecter et mieux comprendre ce qu’ils sont.
Le projet “Power mapping : DIY microgeneration” propose ainsi d’utiliser les jeux d’enfants, les vélos, les portes tournantes et tourniquets à l’entrée des immeubles, le fait de marcher, de parler à son téléphone, etc., pour recueillir et générer de l’énergie, et obtenir des systèmes décentralisés pour partager toutes ces énergies. qurrent.com propose pour sa part de co-produire, et partager, des énergies renouvelables à partir de panneaux solaires, éoliennes, pompes à chaleur, etc., entre voisins.
Et pourquoi ne pas généraliser ces micro-centrales hyperlocales à l’échelle d’un quartier, voire de toute une ville ? La Waag Society a ainsi conçu une carte de la ville d’Amsterdam dressant, en fonction de la situation des bâtiments (hauteur, surface, orientation, etc.), ceux qui pourraient accueillir des éoliennes, ou des panneaux solaires.
L’Urban EcoMap de San Francisco inverse la proposition, en proposant aux résidents de visualiser, sur une carte, la quantité d’énergie et de déchets par quartiers, les contraintes et types de mobilité, leurs empreintes carbone. Objectif : mobiliser les gens, leur proposer des alternatives et estimer leur empreinte s’ils modifiaient leurs comportements.
Partant du constat que l’une des raisons principales à l’utilisation des voitures personnelles est le sentiment de liberté, et de contrôle, que l’on éprouve au volant, le projet de “Personal Travel Agent” propose pour sa part d’inciter les gens à prendre les transports publics grâce à un outil leur redonnant les commandes de leurs trajets, quand bien même il le serait dans les transports publics.
L’environnement ne se réduisant pas à la seule énergie, la Waag Society avait également, en 2001, participé au projet “Amsterdam Real Time”, qui consistait à confier des téléphones GPS à des volontaires, afin de visualiser la ville telle qu’elle est parcourue par les gens. Cette façon de renverser la charge de la preuve, et de proposer aux gens, non pas d’être surveillés par des capteurs fixes disséminés dans la ville, mais d’être à l’origine de la mesure (anonymisée) de leur environnement, servit aussi de source d’inspiration à la montre verte.
Non seulement les gens aiment être impliqués dans ce type d’expérimentations, mais elles permettent également aux gouvernements, administrations, d’envisager sous un autre angle la vie et les problèmes de la cité, et d’affiner les multiples manières d’y remédier.
Dans le même temps, constate Franck Kresin, ce type d’initiatives n’est pas sans soulever un certain nombre d’obstacles, à commencer par les réticences de ceux qui y voient une façon de casser le thermomètre qui leur permet, depuis des lustres, de mesurer l’état de santé de la cité, parce que les changements de grille d’analyse, de critères de qualité, les problèmes soulevés ou les solutions sous-tendues leur ferait perdre les pouvoirs qu’ils avaient acquis, et voudraient conserver.







