Innovation : l'important, c'est la divergence
Offrir un ordinateur à sa mère, c’est bien. Le personnaliser, c’est mieux. Et il existe une infinité de moyens de le faire. Si la majeure partie des gens se contenteraient d’en acheter un dans un magasin spécialisé, d’autres préféreraient le customiser par eux-mêmes.
Certains voudraient par exemple creuser une mine dans leur jardin, et y construire une fonderie, pour fabriquer le boîtier métallique. D’autres préféreraient le faire en bambou. D’autres, enfin, seraient prêts à créer une distribution GNU/Linux spécifique. Les possibilités sont quasi-infinies.
Mieux : elles peuvent également être compilées, ou diverger. Ainsi, celui qui sera assez fou pour fondre le boîtier du PC sera peut-être et par contre suffisamment fainéant pour y installer une version grand public du système d’exploitation Windows et, a contrario, celui qui compilera le noyau Linux se contentera d’un boîtier lambda.
Douglas Repetto, enseignant à l’université de Columbia, est également artiste et fondateur de Dorkbot, qu’on pourrait définir comme la société des gens qui font des choses bizarres avec l’électricité.
Impliqué dans plusieurs groupes d’art technologique, il prône, sinon milite, pour la créativité quotidienne, quelle qu’elle soit, en tant que valeur culturelle essentielle, tant par les specialistes que par les béotiens : “c’est important d’en faire un des aspects de sa vie quotidienne”.
Pour lui, l’important, c’est l’écosystème, la (bio)diversité, la multiplicité des réseaux : ça fait une jungle, ou des fractales, mais la créativité des “nerds” est sans limite, et tant mieux. Les gens bifurquent, divergent, la confrontation peut finir par une “guerre des nerds” lorsque les gens sont dans des extrêmes, mais on en a aussi besoin, même si parfois ça bloque les gens, empêche les conversations, et l’innovation.
Le plus important est de faire confiance aux gens, de ne pas les évangéliser et de garder nos capacités d’étonnement : beaucoup de gens ne s’impliqueront pas s’ils sentent qu’ils sont obligés d’agir de telle ou telle sorte, mais déborderont, a contrario, de créativité, si on les laisse, si on les pousse, à innover, sans les juger.







