Fing
19/06/2009

Timo Arnall : Concevoir pour l'internet des choses

Timo Arnall est designer et conduit le projet Touch à l’Ecole d’architecture et de design d’Oslo. L’internet est une plateforme remarquable sur laquelle on peut faire beaucoup de choses. Mais il y a aussi des aspects négatifs… Pour Timo, ces aspects reposent surtout sur le fait que la plupart des interactions numériques se font dans un autre espace que l’espace physique : ils se font sur des écrans, séparés de nos existences physiques. Il nous faut changer cela. L’internet des objets c’est comment participer à des environnements, sans être nécessairement être devant un écran. Les interfaces sans écran sont intéressantes, car elles s’adressent à moi autrement.

L’internet des objets, n’est pas l’internet de demain. Il est déjà là. On compte plus de 2 milliards de puces RFID en activité dans le monde. Il faut donc regarder comment elle est conçue, comment elle s’intègre à des espaces culturels différents, comment elle génère déjà des interactions. Et pour Timo Arnall, l’important repose sur des interactions tangibles. Et d’évoquer de nombreux projets de son laboratoire comme Bowl ce capteur de puce en bois avec lequel les enfants peuvent interagir via leurs jouets quotidiens équipés de puces ou Sniff, cet adorable chien en peluche doté d’un capteur dans le nez. Un compagnon tangible, un doudou qui reniffle les objets qui l’entoure et vibre pour donner un retour tactile aux enfants et les accompagner dans le processus de découverte de leur quotidien, de leur environnement de manière ludique.

Les étiquettes intelligentes permettent de créer des expériences physiques. Nos interactions avec les objets deviennent de plus en plus physiques comme le montre notamment l’évolution des consoles de jeux, ou cette boussole qui vibre dès que vous regardez le nord, qui vous rend conscient du sens dans lequel vous vous orientez dans une ville. Ces nouvelles interfaces, périphériques, nous apportent des informations supplémentaires sans nécessiter de notre part forcément un important engagement (cognitif).

De nombreux produits conçus pour l’internet des objets deviennent inutiles sans connectivité, comme le Watson, cet outil de mesure de nos dépenses énergétiques. La radio BBC Olinda, mime l’internet par sa modularité, vous permettant d’écouter ce qu’écoutent vos amis si vous y branchez le bon module… Ces exemples montrent comment un produit physique peut agir comme un miroir du fonctionnement du web où chaque objet irradie l’infrastructure qui le porte.

Ces objets permettent également de développer la visualisation, car ils produisent de nombreuses données, comme les cartes de transports et de paiement Oyster. L’important est d’avoir accès à ces données, comme on l’a sur le Nokia Sports Tracker, permettant aux gens équipés de certains téléphones Nokia de partager par géolocalisation, leurs parcours de sports. Mais comment récupérer les données ? Comment les ramener à des interfaces tangibles ?

Timo Arnall distingue 3 niveaux d’expérience de l’utilisateur : le niveau tangible et embarqué dans le corps (embodied) qui permet en fait de générer des données ; celui de la connection et du partage et celui de la visualisation et de la réflexion qui permet d’acquérir une meilleure connaissance de l’environnement et des objets que nous utilisons. Ces trois boucles de rétroactions ont des temporalités différentes (immédiates, à court terme et à long terme).