PICNIC 2010 : Instrumenter les villes - “Data Is King!”
Après plusieurs années comme chief scientist d’Amazon, pour laquelle il a contribué à inventer ses fort efficaces systèmes de recommandation, Andreas Weigend étudie en indépendant “les gens et les données qu’ils créent”.
Sa réflexion porte aujourd’hui sur ce que l’instrumentation des individus et des systèmes, à l’aide de dispositifs qui captent, produisent et partagent des données, peuvent changer (positivement, dans son esprit) à nos comportements.
La construction sociale de l’identité était un processus qui nous venait de l’extérieur. Il s’est aujourd’hui inversé, nous devenons ce que nous serons à partir de nos propres déterminants. Mais que peut-il se passer maintenant ? Une “révolution des données sociales”.
Qui crée des données ? Tout le monde. Qui les distribue ? Tout le monde. A quelles fins ? C’est toute la question.
L’enjeu des années 1990 était de connecter des pages, celui des années 2000 de connecter les gens, des années 2010 de connecter des capteurs. Le téléphone mobile est un merveilleux capteurs, y compris parce qu’il ne fait pas que mesurer des choses, il les “qualifie” par des usages, des interactions, et d’autres métadonnées. Les données de capteurs deviennent d’autant plus intéressantes qu’elles se mêlent avec d’autres, à commencer par celles qui représentent les “graphes sociaux” des individus.
Il y a 40 milliards de puces Rfid dans le monde. Mais qu’en faisons-nous ?Juste gérer des chaînes logistiques, ou offrir de nouvelles possibilités aux consommateurs ?
Weigend travaille avec la ville de San Francisco sur le projet DataSF. Bien au-delà des données publiques classiques, il essaie de repérer tout ce qui peut produire des données partageables. Par exemple les parkings ou les péages : leurs informations en disent beaucoup sur le fonctionnement de la ville, peuvent soutenir la création de services.
Ces capteurs instrumentent des changements de relations. En équipant leurs assurés de capteurs GPS, les assurances peuvent tarifer en fonction des km réellement parcourus ; mais aussi refuser de payer si un accident a visiblement été produit par une conduite imprudente… On pense aussi aux assurances santé contrôlant les moindres faits et gestes des assurés malades.
Pour éviter cette dérive, il faut outiller les individus pour leur permettre de produire des données et de faire des choses avec leurs données. Weigend finit par l’exemple de TripKick, qui enrichit les recommandations d’hôtels d’informations sur les meilleurs et les plus mauvaises chambres… On voit l’idée, mais il n’y a pas plus probant ? Dommage de conclure une intéressante intervention sur un exemple aussi limité. Sans doute parce que ce sujet de l’outillage des individus, et de ce qu’il produit réellement, est difficile pour tout le monde.









