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24/09/2010

PICNIC 2010 : Open Data, pourquoi, comment ?

Lors de PICNIC, une journée entière était consacrée aux “données ouvertes”. J’y interviens - d’où le caractère un peu brut de ces notes, 100% temps réel.

Rufus Pollock

Rufus Pollock, économiste britannique et fondateur de l’Open Knowledge Foundation, introduisait cette session.

Son point de départ, comme beaucoup, est la frustration devant la difficulté d’analyser les dépenses budgétaires de son gouvernement (britannique). Celles-ci sont publiques, mais très difficiles à exploiter. Tout le monde peut lire d’énormes documents PDF (ou papier) budgétaires, mais comment analyser les données que contiennent ces documents ?

“Ouvert”, ça veut dire quoi ? Pour Pollock, la liberté pour quiconque d’obtenir, utiliser, réutiliser et redistribuer les données. Cela inclut une dimension technique : les données doivent être brutes, mais aussi interopérables - c’est à dire qu’on peut les mélanger avec d’autres données.

De quelles données parlons-nous ? Budgétaires, géographiques, statistiques, réglementaires, électorales… Tout, sauf les données personnelles.

Pour quoi faire ? D’abord, découvrir l’information et la comprendre plus vite : quelle est la meilleure manière d’aller à un endroit ? Quelles actions acheter ? Quel est l’impact du réchauffement climatique ? Les données ouvertes commencent par rendre possible la création d’outils qui permettent d’utiliser ces données.

Quels bénéfices ? Innovation, productivité et confiance.

Quelle équation économique ? L’information est un bien non-rival : si je vous la donne, je l’ai encore. Qui plus est, l’information (numérique) ne coûte rien à copier.

Les données ouvertes permettent de passer à l’échelle de manière beaucoup plus efficace que des données fermées. Si elles sont brutes, on peut les diviser en atomes d’information, puis les recombiner, entre elles et avec d’autres, de multiples manières.

Ce qu’il se passera de plus intéressant avec vos données sera presque certainement imaginé par quelqu’un d’autre.

Les données ouvertes rendent possible une société read/write : tout le monde peut analyser l’information publique et contribuer.

Il y a beaucoup de manières de financer la création sans privatiser les données. D’une part, beaucoup de services (de conseil, d’analyse etc.) se fonderont sur les données. Et les données sont une plate-forme sur laquelle se créeront des services.

Comment démarrer ?

  1. Par quelque chose de rapide, petit, simple. N’attendons pas que tout soit libéré.
  2. En revanche il faut immédiatement traiter la question des licences - www.opendatacommons.org est une ressource essentielle
  3. Créer tout de suite un catalogue de données - qui ne stocke pas les données, mais les référence.
  4. Travailler sur la modularité : créer des “paquets de connaissance”, des API qui rendent la réutilisation plus simple et plus extensive
  5. Impliquer les citoyens et les développeurs : l’ouverture n’est pas une fin en soi, elle n’a de valeur que si les données sont utilisées

Julian Tait, FutureEverything

L’organisateur du formidable festival FutureEverything Julian Tait présentait ensuite le travail qu’il mène sur les données ouvertes avec la ville de Manchester, où le festival se déroule. Tout est parti d’un atelier qui se posait une question ambitieuse : comment la ville évoluerait-elle si toutes les données étaient ouvertes ?

Manchester compte 320 000 habitants, mais dans une conurbation de 2,5 millions de personnes qui pensent toutes vivre à Manchester. En revanche, la gouvernance en est profondément éclatée. Une seule décision dans le bureau d’un maire ne peut pas y accomplir grand-chose.

Pour obtenir l’ouverture des données, le premier levier a été le Freedom of Information Act, qui garantit l’accès aux données (pour des raisons de transparence), mais aux données que les citoyens demandent de manière précise - ce qui suppose qu’ils en aient connaissance… Donc cela ne suffit pas. Il faut convaincre les autorités locales de la valeur que l’ouverture des données représente pour elles, et aussi qu’il y aura de la demande pour ces données.

L’approche s’est donc fondée sur trois piliers :

  1. Créer une communauté d’utilisateurs de données. Il était important de le faire dès le départ, sans attendre qu’il y ait beaucoup de données : des hackers, des associations citoyennes, des chercheurs, des entrepreneurs… Il y a beaucoup d’outils pour le faire, des wikis, les Google groups, Twitter… Il faut vite y inclure des acteurs publics, pour que ces communautés ne se vivent plus “face” aux autorités, mais “avec”. Ce qui pourrait par exemple permettre aux collectivités de demander aux gens les données qu’ils désirent, voire de demander des conseils sur la manière d’ouvrir l’accès à certaines données.
  2. Cibler les gestionnaires de données au sein des collectivités locales. Les décideurs publics ont rarement connaissance des données que leurs services manipulent. Ce sont les informaticiens qui en ont connaissance, qui savent dans quel état elles sont, et comment elles peuvent être mises à disposition. Et on peut même obtenir d’eux qu’ils ouvrent l’accès à certaines données sans enjeux, sans attendre de décision politique.
  3. Puis il faut travailler les décideurs au corps. Pour cela, il faut construire un discours concret, un “récit” des bénéfices des données ouvertes ; et préparer des arguments, parce que les objections seront nombreuses. On peut aussi montrer quel est le coût des systèmes fermés - par exemple, le coût humain pour répondre à des questions qui n’existeraient plus si les données étaient disponibles.

Les difficultés sont essentiellement liées à la peur des autorités locales, vis-à-vis de l’opinion et encore plus de la presse. Les licences sont un problème, et les autorités ne maîtrisent pas tout : par exemple des données géographiques peuvent être construites à partir de bases de données géographiques dont la licence est très restrictive. Enfin, les autorités ne savent pas quelles données elles manipulent, ni où elles sont (sans compter que certaines sont en fait détenues par des sous-traitants privés).

Quels autres risques ? L’inquiétude que les gains en productivité se traduisent en destruction d’emplois. La crainte que l’accès aux données ne donne plus de pouvoir à ceux qui en ont déjà, à ceux qui savent qu’en faire. Nous avons une responsabilité vis-à-vis de ces questions.

Tout cela a bien fonctionné. 33% des données ouvertes du Royaume Uni viennent de Manchester !

Jarmo Eskelinen, Forum Virium

Jarmo Eskelinen, le directeur de Forum Virium Helsinki, que nous avions également invité à Lift France 10, a présenté les “3 M des données ouvertes” : Mandat, Mentalité (Mindset) et Méthodes.

L’un des arguments pour les données publiques est économique. Quelqu’un de la Commission économique a estimé la valeur potentielle des données publiques à 27 milliards d’euros. Mais cette valeur est indirecte : ce que les organismes publics peuvent obtenir en vendant leurs données est infiniment plus bas, d’autant qu’en général ils se les vendent entre eux.

Forum Virium organise chaque année un concours d’applications fondées sur les données publiques. Le gagnant de cette année est un outil mobile qui permet de scanner le code barre d’un livre pour savoir s’il est disponible dans une des bibliothèques municipales.

Et donc, les 3 M :

  • Le Mandat : la directive européenne de 2003 prescrit clairement de rendre les données publiques accessibles et réutilisables - mais elle ne dit pas à quel prix. Mais ça ne suffit pas. Il faut une pression interne.
  • La Mentalité : les deux objections des organismes publics se fondent sur la peur (qu’on fasse quelque chose des données qui leur cause du tort) et le sentiment de propriété. Comment dépasser ces blocages ?
  • Par la Méthode : derrière les peurs affichées, il y a souvent le fait que les détenteurs de données ne savent pas comment les mettre à disposition. Il faut les y aider, leur montrer que c’est bien plus aisé qu’ils ne le croyaient.

L’une des premières tâches de Forum Virium a donc consisté une plate-forme d’échange de données (Helsinki Region Infoshare) : des outils, des référentiels (de métadonnées par exemple), des licences, un annuaire des sources de données, un point de contact pour les administrations, mais aussi les réutilisateurs.

Comment présenter les bénéfices de l’ouverture pour les acteurs publics ?

  • Un meilleur accès à leurs propres données
  • Moins de redondance (tous les organismes publics ont des bases de données, des outils, des cartes… entièrement ou partiellement redondantes - et souvent peu cohérentes)
  • La capacité de créer ou co-créer de nouveaux services - et de mieux penser les partenariats avec des acteurs privés.
  • La création de participation et l’implication, tant des agents territoriaux que des citoyens.
  • Des économies (moins de redondance, moins de facturations absurdes entre départments d’une même organisation publique)
  • De meilleures données, notamment par le retour des citoyens
  • Un retour concret d’informations sur la qualité des informations et des actions publiques.

Et les bénéfices pour les acteurs privés sont… les mêmes. Il n’y a pas de conflit d’intérêt.

Ton Zijlstra

Evoquant l’ouverture des données publiques aux Pays-Bas, Ton Zijlstra (qui intervenait aussi à Lift, mais sur les Fab Labs). Son titre : “Oui„ mais… Non mais…”, deux séquences qui ouvrent beaucoup des réponses des acteurs publics aux demandes d’ouverture des données.

Comme ailleurs, il y a des lois - la directive européenne, une loi sur le droit d’accès aux informations publiques qui date de 30 ans - et la pratique, beaucoup plus restrictive. Il y a des données disponibles, mais interrogeables une à une et non réutilisable ; ou alors très chères ; ou non documentées… Dans les administrations, il y a de bons techniciens qui font d’énormes portails ; et des gens qui n’ont aucune vision technique.

Mais il y a plusieurs problèmes avec l’expression “données publiques ouvertes”. “Public”, c’est quoi ? Plein d’organismes et d’acteurs. Et les “données” ? Une donnée n’existe jamais par elle-même. Et les “réutilisateurs” ? Il faut s’intéresser à leur diversité : les citoyens, les activistes, les programmeurs, les entrepreneurs, les chercheurs… pour des besoins eux-mêmes très différents : participation, contrôle, création de services, amélioration des services publics, productivité interne, usages culturels, associatifs… Sans compter que, comme ailleurs, le plus probable est que les usages vraiment transformateurs émergeront des endroits les plus inattendus.

Donc il faut travailler avec de vrais acteurs publics, de vraies données, de vrais gens. En commençant par constater que ce n’est pas un face-à-face, mais des alliances à créer. Les fonctionnaires sont aussi des citoyens et le plus souvent, ont vraiment le service public à coeur. D’où la création de Ambtenaar 2.0, une plate-forme qui réunit quelques 4000 agents publics qui veulent échanger sur la transformation de leurs administrations.

Un bel exemple : la livraison de la base des 60 000 bâtiments qui font partie du patrimoine culturel néerlandais à Wikipedia, dont les utilisateurs se chargent de documenter les fiches. Le directeur du service qui a choisi cette option espère à la fois améliorer la qualité de l’information, et pouvoir réduire la taille de son service.

Pour le ministère de l’intérieur, l’ouverture des données doit d’abord favoriser la participation démocratique. D’où un travail sur les licences, qui vise à en abaisser les contraintes et le coût. Un projet de répertoire de données fondé sur l’outil commun C-KAN. Et une série d’initiatives en direction de communautés de réutilisateurs.

Il y a un vrai désir de la part de pas mal d’acteurs publics de s’ouvrir et d’en tirer parti. Et c’est aussi à la communauté des réutilisateurs d’apprendre à travailler avec eux.

La prochaine frontière est celle des données d’entreprises.

Pour avancer, nous devons continuer à partager nos réussites et nos expériences.

(et là, c’est mon tour…) Réfléchir aux conséquences de l’ouverture des données publiques

Après une rapide présentation de la situation française, j’ai présenté un petit exercice de “micro-prospective”, que nous aimerions poursuivre avec ceux qui le voudront, sur les conséquences possibles de l’ouverture des données publiques. Supposons que nous ayons réussi à ouvrir une très large partie des données publiques à l’accès et la réutilisation, sans trop de restrictions techniques ou économiques. Qu’est-ce que ça produit vraiment au niveau de la vie quotidienne, du contrôle et de la participation démocratiques, de l’innovation, des services au public, de la croissance, de la cohésion social, des acteurs publics eux-mêmes ? Et qu’est-ce qui fait qu’on passe du scénario tout rose que nous aimons bien décrire, à d’autres scénarios qui le sont moins ?

Les slides sont disponibles. Ce travail ne fait que s’engager. Commentaires et contributions bienvenus !

Une question intéressante issue de la discussion

Au fait, y a-t-il des cas de création de valeur économique à grande échelle fondée sur les données publiques ? Tous les intervenants, moi compris, sont encore secs. Pollock évoque les “Weather Derivatives” aux Etats-Unis. Mais pour l’instant, ce sont encore les vendeurs de pioches (les consultants, les SSII) qui font de l’argent, pas les chercheurs d’or qui achètent leurs outils.

La journée se poursuit en ateliers. Frank Kresin de la Waag Society en produira certainement un rapport.

23/09/2010

PICNIC 2010 : Jeff Jarvis et le futur des médias

C’est quoi le journalisme ?, demande le Global Reporting Room, un projet qui entend “mobiliser des experts des anciens et des nouveaux médias pour mettre en perspective la valeur du journalisme pour les individus, les territoires, les Etats, la société et la culture”. Quelques vidéos introduisent la session sur “le futur du journalisme” de PICNIC - et elles ne disent pas grand-chose…

Mais l’après-midi commence vraiment avec la star : Jeff Jarvis, qui nous parle des nouvelles formes, nouvelles structures et nouvelles opportunités pour les médias.

Il y a du contenu partout. Les journalistes ne décident plus de ce qui est du contenu ou ne l’est pas. En exploitant les tweets, on peut mieux prédire le succès d’un film qu’en lisant la presse (mais depuis quand est-ce le métier de la presse de prédire le succès ?? - Ndlr).

L’information comme processus

L’information est un processus, pas un produit. Elle n’a pas de début ni de fin. L‘“histoire”, l’article, la mobilisation médiatique, n’est qu’un moment de ce processus. Wikipedia donne un aperçu de la connaissance du moment sur le sujet. Les liens pointent vers des ressources. Les blogs la commentent et la transforment… L’article est une page, et tout autour existe un flux d’informations et de discussions. L’information comme “produit” est le résultat d’un dispositif donné de production et de distribution, propriété d’un petit nombre d’entreprises, standardisé et descendant. Son standard est la perfection.

L’information comme processus s’ouvre à l’interprétation, elle se rend transparente. Elle appelle des apports extérieurs. Elle indique ce qu’elle ignore et aimerait savoir. Elle est rendue possible par des liens et elle constitue des réseaux autour d’elle. Elle se satisfait pleinement de contributions imparfaites, dès lors qu’elles se présentent comme telles.

Cette transformation franchit un nouveau cap avec les mobiles, locaux et personnels. Qu’est-ce, qui est autour de moi maintenant ? Que savons-nous de cet endroit, quelles données produit-il ? Qui parmi mes connaissances a quelque chose à dire à son propos ? Et si j’y conviais quelqu’un d’autre ?… Les médias n’ont aujourd’hui aucune compétence pour répondre à de telles questions.

Nouvelle structure

Cette transformation transforme la structure du secteur des médias. Les médias étaient des marques qui découvraient et filtraient l’information pour notre compte. Puis est venu Google. Puis les réseaux sociaux. Google produit 4 milliards de clics vers des médias ; bit.ly, l’abréviateur d’adresses web lié à Tiwtter, en produit tout autant (mais pas forcément vers des médias;..) depuis quelque temps !

Aujourd’hui la marque des médias ne constitue plus le début d’une recherche, mais son aboutissement - éventuel - d’une recherche ou d’une conversation. Cela change tout. Le défi central est celui de la capacité à impliquer les individus. Il ne s’agit pas de “créer des communautés”, mais de les aider à faire ce qu’elles veulent accomplir, par exemple en les aidant à organiser leur information.

Nouvelle économie

On passe de “l’économie de l’encre” à “l’économie de l’ancre” (traduction libre de “from the ink economy to the link economy” - Ndlr). Une information doit être cherchable pour pouvoir être trouvée. Dans une telle économie, on se focalise sur ce qu’on fait le mieux et on lie vers le reste - pour que sa contribution arrive en tête des recherches et des recommandations. Cela produit une nouvelle efficience, une nouvelle économie de l’Information.

Cette économie est distribuée. “Si une nouvelle est vraiment importante, elle me trouvera !” Il faut créer un réseau de sites que l’on aide à grandir et à obtenir, par exemple, de la publicité, pour grandir soi-même. Un tel réseau fonctionne comme un écosystème qu’on ne possède pas. On y contribue sans attendre un retour suite à chaque contribution.

Nouvelles opportunités

Dans le projet News Innovation, au sein de l’école de journalisme de l’Université de New York, Jarvis explore ces nouvelles opportunités. A nous allons d’aller y voir…

Pensons à l’internet comme un espace public, nous demande-t-il. Le contre-exemple est le débat germanique sur le droit à demander la pixellisation d’un immeuble sur Google StreetMap (Verpixelungsrecht)…

Nous disposons de cet extraordinaire outil de “publicitude” (publicness). Nous devons le défendre.

Et Jarvis de proposer sa “charte des droits dans le cyberespace” :

Nous avons un droit :

  • de nous interconnecter ;
  • de parler (et dans notre langue) ;
  • de nous assembler ;
  • d’agir ;
  • de contrôler nos données ;
  • de contrôler notre identité.

Ce qui est public est un bien public.

Tous les bits naissent égaux.

L’internet sera ouvert.

… Ce qui, effet de manche mis à part, ne nous mène pas bien loin… A chaque phrase on a envie de répondre : oui, mais ça veut dire quoi concrètement ? A quoi le proclamer est-il utile ? Et au final, ça dit quoi de l’avenir des médias ? Ce qui, au fond, signale la limite de cette intervention, peut-être pour manque de temps : l’analyse des changements est intéressante, mais les pistes de réponse sont pour le moins floues. Peut-être pour le prochain livre de Jarvis, visiblement sous presse ?

PICNIC 2010 : Instrumenter les villes - “Data Is King!”

Après plusieurs années comme chief scientist d’Amazon, pour laquelle il a contribué à inventer ses fort efficaces systèmes de recommandation, Andreas Weigend étudie en indépendant “les gens et les données qu’ils créent”.

Sa réflexion porte aujourd’hui sur ce que l’instrumentation des individus et des systèmes, à l’aide de dispositifs qui captent, produisent et partagent des données, peuvent changer (positivement, dans son esprit) à nos comportements.

La construction sociale de l’identité était un processus qui nous venait de l’extérieur. Il s’est aujourd’hui inversé, nous devenons ce que nous serons à partir de nos propres déterminants. Mais que peut-il se passer maintenant ? Une “révolution des données sociales”.

Qui crée des données ? Tout le monde. Qui les distribue ? Tout le monde. A quelles fins ? C’est toute la question.

L’enjeu des années 1990 était de connecter des pages, celui des années 2000 de connecter les gens, des années 2010 de connecter des capteurs. Le téléphone mobile est un merveilleux capteurs, y compris parce qu’il ne fait pas que mesurer des choses, il les “qualifie” par des usages, des interactions, et d’autres métadonnées. Les données de capteurs deviennent d’autant plus intéressantes qu’elles se mêlent avec d’autres, à commencer par celles qui représentent les “graphes sociaux” des individus.

Il y a 40 milliards de puces Rfid dans le monde. Mais qu’en faisons-nous ?Juste gérer des chaînes logistiques, ou offrir de nouvelles possibilités aux consommateurs ?

Weigend travaille avec la ville de San Francisco sur le projet DataSF. Bien au-delà des données publiques classiques, il essaie de repérer tout ce qui peut produire des données partageables. Par exemple les parkings ou les péages : leurs informations en disent beaucoup sur le fonctionnement de la ville, peuvent soutenir la création de services.

Ces capteurs instrumentent des changements de relations. En équipant leurs assurés de capteurs GPS, les assurances peuvent tarifer en fonction des km réellement parcourus ; mais aussi refuser de payer si un accident a visiblement été produit par une conduite imprudente… On pense aussi aux assurances santé contrôlant les moindres faits et gestes des assurés malades.

Pour éviter cette dérive, il faut outiller les individus pour leur permettre de produire des données et de faire des choses avec leurs données. Weigend finit par l’exemple de TripKick, qui enrichit les recommandations d’hôtels d’informations sur les meilleurs et les plus mauvaises chambres… On voit l’idée, mais il n’y a pas plus probant ? Dommage de conclure une intéressante intervention sur un exemple aussi limité. Sans doute parce que ce sujet de l’outillage des individus, et de ce qu’il produit réellement, est difficile pour tout le monde.

PICNIC 2010 : le futur de la mobilité urbaine

Le discours sur la ville durable oscille entre trois archétypes : l’annonce de la fin du monde, le rêve de solutions techniques miraculeuse, et l’utopie d’une harmonie retrouvée avec la nature. Ancien élève du MIT, où il a travaillé sur le projet Citycar, Mitchell Joachim assume son choix “radical” de la seconde option, le “technofix”.

Avec d’autres, il explore dans le projet Terreform One de telles pistes radicales.

Quelles idées ? Une voiture qu’on pourrait manger ; une voiture qui s’intègre dans les bâtiments et fait partie des pièces plutôt que d’occuper de l’espace de parking ; des voitures molles et légères qui ne peuvent plus écraser personne et qui s’applatissent pour qu’on puisse les empiler les unes sur les autres. Des ballons connectés à des cables aériens servant de bus.

Un autre résultat de Citycar consiste à considérer les automobiles (électriques) comme de grosses piles sur roues, et donc les penser autour de l’énergie ; ou imaginer leur contribution à l’écrémage des pics de consommation électrique.

Mitchell est aussi revenu à un vieux marronier de la SF, le jetpack. L’ascenseur est après tout l’une des inventions qui a le plus transformé les villes. Mais il fallu qu’Otis invente les freins de sécurité pour qu’on l’adopte : d’où un travail sur la sécurité du vol individuel.

Tout cela fait système. ces voitures qui s’empilent (ou s’encastrent, dans le cas de Citycar) se louent plutôt qu’elles ne se possèdent. Elles communiquent avec la route, la ville, la petite fille qui traverse la rue au vert…

Et pourquoi ne pas faire bouger tout un quartier, sur d’énormes roues ou le long d’énormes rails, à petite vitesse, en s’arrêtant de temps en temps, et en suivant les sources d’énergie ?

Ou encore, on pourrait faire pousser des maisons à partir de matériaux naturels, de greffes, de techniques sans doute dérivées des jardins japonais ? Ou encore une maison faite de viande ?

Autre idée : à partir de l’adorable robot Wall-e, imaginer ce que des technologies matures pourraient faire pour réorganiser la gestion des déchets urbains…

… Jusqu’à une ville entièrement restructurée (en hauteur comme en surface) autour de sa production de ressources et de la réutilisation intelligente de ses déchets (Urbaneering Brooklyn 2010).

PICNIC 2010 : Dennis Crowley, l’itinéraire et l’avenir de Foursquare

PICNIC le fondateur de Foursquare, l’application géolocalisée à la mode dont je ne comprends toujours pas l’utilité. D’où intérêt…

Qu’avons-nous appris des usages de Foursquare ? Nous avons commencé, dans la lignée du pionnier Dodgeball, par permettre aux gens de “pointer” dans un lieu donné pour les aider à retrouver leurs amis. Puis la masse des pointages a permis de dégager des tendances, de repérer des lieux à la mode ou bien dans lesquels il se passe quelque chose.

Puis Foursquare a introduit un petit jeu, qui consistait à devenir le “maire” d’un endroit en y pointant plus souvent que les autres. Le succès à été surprenant, tout à fait inattendu. Il a conduit à multiplier les types de “badges”, ces sortes de médailles thématiques décernées à ceux qui font des choses particulières dans des lieux : rencontrer le plus de personnes de l’autre sexe, etc. Quand on crée un nouveau badge, des gens changent leurs habitudes pour l’obtenir !

Le constat est donc que les mécanismes d’un jeu, même tout simple, peut orienter les comportements. Peut-on alors y penser pour susciter des évolutions précises : inviter les gens explorer des endroits de la ville qui ne leur sont pas familiers, par exemple. Le Huffington Post a créé des badges pour inviter les gens à écrire des commentaires ; des marques en proposent aussi, comme Nike qui récompense les coureurs qui complètent un certain circuit. Un jeu fond sur Foursquare, Household Chores, récompense ceux qui accomplissent le plus de tâches ménagères.

Enfin, Foursquare a les caractéristiques d’une communauté de liens faibles. En voyageant en Europe, Crowley a reçu de ses membres des dizaines de conseils qui l’ont conduit à des endroits tout à fait différents des destinations touristiques habituelles.

Autre évolution : on peut désormais “ajouter” à Foursquare des choses que l’on repère en ligne, par exemple pour se faire rappeler de les visiter à l’avenir.

Et maintenant ? L’idée générale est de “rendre les visiteurs plus faciles à utiliser” - ce qui fait penser au titre du livre-attendu-depuis-si-longtemps de notre ami Adam Greenfield, “la ville est là pour que vous vous en serviez”.Par exemple, l’application extérieure Fare/share facilite le partage de taxis.

Foursquare commence aussi à mieux exploiter l’histoire de chaque utilisateur, mais aussi ce que cette histoire a de commun avec celle de ses amis. L’entreprise s’en sert déjà… pour savoir où cela vaut la peine d’aller déjeuner à midi. Mais elle teste aujourd’hui une application de recommandations “intelligente”. Parmi les applications externes à Foursquare, Weeplaces.com, retrace dans le temps l’itinéraire d’un utilisateur dans la ville.

Crowley s’intéresse beaucoup à la sérendipité organisée. Une application externe, Assisted Serendipity, facilite la rencontre entre des utilisateurs qui ne se connaissent pas.

Enfin, l’entreprise cherche à aider ses utilisateurs à tirer profit de leur expertise particulière. Genre, je suis l’expert des sushis… In-dis-pen-sable, on vous dit !

PICNIC 2010 : Changer de paradigme dans la manière de voir l’urbanisation

L’architecte Reinier de Graaf, associé de Rem Koolhas dans le cabinet OMA, nous engage dans une vaste perspective urbaine à l’échelle mondiale.

Les villes grandissent, on le sait. Surtout dans les pays en développement. Mais la croissance démographique dans le tiers-monde ne produit pas nécessairement de la croissance économique - alors que les villes occidentales forment le coeur de sa croissance. Dans la plupart des cas, les pays où les villes se développent le plus rapidement ne sont pas non plus démocratiques, ce qui a le plus souvent pour conséquence que leur croissance n’a pas à s’embarrasser de préoccupations sociales.

La croissance actuelle des villes prend place dans un vide de pensée. La pensée de l’urbanisation date pour l’essentielle des années 1970. Elle est aujourd’hui remplacée par des “visions”, issues de groupes de travail réunis par les autorités locales avec une seule mission, assurer leur développement économique. Ces groupes sont animés par des consultants internationaux plutôt que des urbanistes, qui imposent sur leur développement des critères et des indices de mesure qui n’ont pas grand-chose à voir avec les cultures et les enjeux locaux.

Ces “visions” conduisent souvent à fonder le développement d’une ville sur quelques activités économiques à la mode - on pense à la vogue de “l’économie créative” aujourd’hui. De Graaf nous emmène alors à Detroit, montrée en exemple dans les années 1950, et qui, à cause de la crise de l’automobile, a perdu les deux tiers de ses habitants, particulièrement les jeunes. Même aventure pour Essen en Allemagne.

Les villes occidentales font face à plusieurs défis : le déclin industriel, le vieillissement. Les seules villes industrielles qui croissent, comme Birmingham, le feront grâce à l’immigration. En 2030, la population de Birmingham ressemblera à celle du monde entier, en termes d’origines continentales, de religion, et de culture.

Chaque année, 2 à 3 millions de personnes émigrent officiellement, et autant le font de manière illégale - en général vers les pays les plus développés. C’est une vague irrépressible, que nous vivons comme un problème (et que, du coup, les migrants vivent comme un drame, compte tenu du coût, des difficultés, voire des dangers du voyage). Pourtant, ils sont la chance des vieilles villes européennes. Au bout du compte, les villes deviendront des reproductions miniature du monde. Plus nous attendrons avant de l’admettre et de le vouloir, plus nous nourrirons la frustration du tiers monde.

PICNIC 2010 : Comment disparaître dans un monde numérique ?

Le journaliste Evan Ratliff travaille depuis des années sur la sécurité et la vie privée dans notre monde numérique. Le 15 août 2009, il lançait un défi : il allait disparaître pendant 30 jours. Son magazine, Wired, suivait la chasse. Il livrait à tout le monde la photo de Ratliff, et un dossier sur ses goûts, ses centres d’intérêt, son itinéraire de vie… Aux lecteurs de le trouver : quiconque envoyait une photo et une localisation exacte gagnait 5000 $.

Pour Ratliff, il ne s’agissait pas de se cacher, mais d’explorer s’il était possible de se réinventer. Aussi, il s’engageait à rester aux Etats-Unis, à ne rien commettre de grossièrement illégal… et à rester en ligne.

Ratfliff a commencé par se créer de nouvelles pièces d’identité : une carte bancaire, une entreprise sans activité (et donc des cartes de visite), une carte d’étudiant et d’autres cartes avec photo (bibliothèque, etc.), un compte Facebook et un autre sur Twitter. Evidemment, sa nouvelle “identité” n’avait aucun amis, mais il n’est pas bien difficile de se créer un cercle d’amis. Du point de vue de la sécurité, il n’a pas fallu grand-chose : essentiellement un outil d’anonymisation des adresses IP, et un ordinateur-relais installé en permanence dans un petit bureau sans fenêtre à Las Vegas. Il a aussi, bien sûr, fallu changer d’apparence.

Sous sa nouvelle identité, le journaliste a pu traverser le pays, vivre au quotidien, louer ce bureau de Las Vegas et un appartement à la Nouvelle Orléans.

De leur côté, que faisaient les internautes qui participaient à la chasse ? En premier lieu, s’organiser entre eux. Un groupe Facebook et un hashstag (#vanish) sur Twitter facilitait l’accumulation d’information. Une carte permettrait de retracer les informations géolocalisées sur Ratliff. En une journée, on connaissait tous ses amis et leurs coordonnées, la douzaine d’endroits où il avait vécu dans sa vie, les entreprises avec lesquelles il avait travaillé et celles dont il avait parlé… Les internautes partageaient informations et hypothèses, analysaient des traces : par exemple, ils se sont intelligemment intéressés à ce que le journaliste avait fait avant de partir - ses déplacements, ses dépenses par carte bancaire, ses interactions avec d’autres.

C’est finalement Jeff Reiman, un ancien employé de Microsoft qui venait de créer sa startup Newscloud, qui a eu raison de Ratcliff, 20 jours après sa disparition. Newscloud crée des outils sociaux fondés sur Facebook. Son espace, VanishTeam, a commencé à réunir beaucoup d’information et à devenir une source de référence sur la traque. Mais surtout, il a commencé à tracer les adresses IP de ses visiteurs, supposant (à juste titre) que Ratliff chercherait à savoir où en étaient ses poursuivants. Partant de l’hypothèse (juste) que le pseudonyme de Ratliff n’aurait pas beaucoup d’amis sur Facebook, il a cherché ceux de ses visiteurs qui n’avaient que 20, puis 30, puis 50 amis. Et il a fallu par reconnaître sa photo. Restait à le trouver physiquement. Pour cela, il a fallu casser les protections techniques et remonter l’adresse IP de Las Vegas, puis celle de la Nouvelle Orléans. Ensuite, un peu d’imagination suffisait : Ratliff aimait la pizza, mais ne tolère pas le gluten. Il suffisait alors de s’assurer du soutien de la seule pizzeria de la ville qui sert des pizzas sans gluten…

Il y a beaucoup d’autres leçons à tirer d’une telle aventure. Beaucoup de techniques à apprendre, pour s’en servir ou s’en défier. Quelques soucis à se faire aussi. Mais malgré tout, un constat : il n’est pas si facile qu’on le dit de trouver quelqu’un qui veut se forger une nouvelle identité. Poursuivi par des milliers de personnes, accumulant par ailleurs quelques erreurs, Ratcliff a tenu 20 jours. Avec un peu plus de préparation, de l’aide, et moins de poursuivants, qui sait ce qu’il aurait pu faire ?

PICNIC 2010 : Les océans, des inconnus en danger

Daniel Kaplan intervient cette année à la conférence PICNIC, qui se tient à Amsterdam du 22 au 24 octobre 2010. Il en profite pour rendre compte de certaines des plus intéressantes interventions de ces 3 jours.

David GalloL’océanographe David Gallo nous propose de “redesigner le monde”. Pour lui, nous ignorons la majeure partie de notre planète, les 70% de sa superficie qui se trouvent sous la mer. On y trouve des chaînes de montagnes plus accidentées que l’Himalaya, mais aussi… des chutes d’eau et des rivières (qui sont évidemment des courants massifs), des lacs. Un espace, une ressource extraordinaire… pourtant, alors que nous savons envoyer un robot sur Mars et le piloter à distance, nous ne savons pas boucher un puits de pétrole quelques centaines de mètres sous la mer !

Gallo nous emmène avec lui dans ces voyages dans les grandes profondeurs marines. Il nous fait rencontrer des animaux étonnants, pas les poissons monstrueux de notre enfance, mais des sortes d’hybrides entre la méduse, le mollusque et le poulpe, preuves étonnantes de l’adaptabilité du vivant. On y croise toute l’histoire de l’humanité navigante, sous la forme d’épaves et de leur cargaison, parfois conservées pendant des siècles. Avec d’autres collègues, il prépare un modèle en 3D qui nous permettra d’explorer l’épave du Titanic.

Les grandes profondeurs sont noires. La pression y est énorme. L’activité volcanique et sismique y est importante. On ne s’attendrait pas à y trouver de la vie, pourtant elle existe en abondance, anémones, crabes, poissons. Dans une fosse polluée par des geysers d’eau bouillante et toxique (pour nous), il a trouvé plusieurs centaines d’espèces jusqu’ici inconnues, qui vivent en symbiose avec [si j’ai bien compris, Ndlr] des microbes qui se nourrissent des substances toxiques du geyser.

Même à des profondeurs moins extrêmes, on observe des comportements animaux spectaculaires : des pieuvres qui, face au danger, changent de couleur et de texture pour se fondre intégralement dans leur environnement ; ou encore, qui prennent d’un côté une couleur signalant l’aggressivité (par exemple pour éloigner les autres mâles) et de l’autre, une couleur amicale (pour séduire la femelle)…

Or nous n’aurions exploré que 4% de la superficie des océans.  Et nous en détruisons les ressources, en pêchant trop, en rejetant des hydrocarbures, et plus encore en jetant dans les océans des masses de déchets quotidiens. L’océan ne fournit pas seulement des poissons, des algues et du pétrole ; il absorbe aussi 30% du CO2 de la planète, par exemple. L’océan est vaste, mais ses ressources ne sont pas infinies. Il y a beaucoup de surfaces émergées, mais si nous prenons en compte la profondeur moyenne, le volume d’eau comparé au volume total de la planète est tout petit.

Nous devons cesser de prendre les océans comme des acquis. Faire attention à la planète commence par respecter ses mers, et s’y intéresser.

23/08/2010

#fab6 : Journée 4 : Fab Lab symposium 5/5

Session : “Passer à l’échelle”

Lawrence Sass MIT
Self replication Fab Lab
3D building
Produire des structures pour créer les buildings, toutes les parts sont faites via une machine à commande numérique de type shopbot. Dans la construction il y a toujours des erreurs, il faut une seconde personne qui vérifie qu’il n’y ait pas de problème. Les mesures se font à la main.
L’objectif du projet est de réduire le nombre d’erreur en produisant les pièces numériquement.


Ils ont produit toutes les pièces qui sont ensuite assemblées. Des sortes de maisons en legos.
Ces maisons ont été utilisées après Katrina
Fab Lab building Kit
Ils vont faire les plans d’un Fab Lab qu’ils vont publier en ligne. L’objectifs est de créer la base et laisser des prises pour faire faire l’intérieur par d’autres personnes, la décorations les pièces, les meubles, etc.

Questions :  quel prix ?
Dans la construction d’une maison la main d’oeuvre représente entre 30 et 50 % de l’ensemble du prix. La grâce à son assemblage de lego on utilise moins de main d’œuvre.

Le projet sera mis en ligne l’été prochain

Est-ce que l’on peut faire des étages ? Avec une base de plastique c’est possible.

IAAC : Fab Lab à BCN

Maison solaire construire dans le Fab Lab. Ils ont répondu à un appel à projet international pour designer une maison “solaire”. Les compétiteurs ont fait des maisons avec des panneaux solaires, eux voulaient faire une vraie maison solaire. http://www.fablabhouse.com/ 
La maison à des formes différents en fonction du taux d’ensoleillement par exemple.
La maison a été construire en bois.
1500 pièces pour construire la maison.
Ils ont utilisé des panneaux solaires très efficient Sun power 33% efficiency
L’idée c’était de faire une maison pour vivre pas pour gagner le concours. L’intérieur est customisable.
Cette maison va aussi être publiée en ligne, les plans. L’idée c’est de pouvoir la construire localement.
25000 30000 euros pour les matériaux.



Ils sont en train de construire un “Fab Lab vert” dans la campagne autour de Barcelone totalement self sufficiant.

Kholer
La relation entre homme et machine du point de vue de l’achitecte.
Un des projets en 2002 sur téléphone mobile jusqu’à la production. Ils avaient créé un soft pour designer une table sur téléphone, en envoyant un sms à une shopbot ça construisait la table.

Ils utilisent aujourd’hui des robots industriels d’occasion qu’ils reprogramment pour faire de l’architecture.


L’esthétique de la création

Dale Dougherty (Make Magazine)

Make magazine est un magasine pour les enthousiastes. Hacker le monde physique. L’ordinateur sort de l’écran.
Make Magazine sert à donner des idées. Le DIY est très social, ça permet de mettre les gens en relation. La culture maker qui émerge, permet de mettre des gens en relation. Aujourd’hui ils organisent des workshops les Maker Faire qui rassemblent de plus en plus de personnes. http://makerfaire.com/ 2006 : 20000 personnes aujourd’hui c’est 80000. On y vient en famille.

Une vidéo assez parlante du mouvement : http://www.youtube.com/watch?v=L7VWdeuv6h0


Question qu’est ce qu’il se passe dans les prochaines années.
Peut-être faire des mini maker faire en faire en Europe, en Afrique, etc.
Questions
Quels modèles économiques pour les Maker Faire ?
Les makers participent volontairement, les visiteurs payent à l’entrée, et ils ont des sponsors.
Pourquoi aujourd’hui ?
L’internet a son rôle à jouer la dedans, le mouvement DIY était assez isolé il pouvait y avoir un bricoleur dans son village mais qui ne communiquait pas, les communautés se sont créées avec l’internet.
Différence entre le prix et la valeur. Même si c’est plus cher de le faire à la main ça a plus de valeur.

#fab6 : Journée 4 : Fab Lab symposium 4/5

Partager et démocratiser.

Bre Pettis, Fondateur de Makerbot et du hackspace NYCResistor : http://www.brepettis.com/

Qu’est ce qui se passer lorsque toutes les machines comme les repraps, les makerbots vont se démocratiser ? Est-ce que cela va changer le monde ? Pettis laisse cette question en suspend

Quelques exemples pour “créer, échanger, partager”
NYC Resistor : http://www.nycresistor.com/

Thingiverse http://www.thingiverse.com/ : partager ses designs, ses blueprints et faire des choses “cool”, mais aussi utiles, comme une pompe à eau très simple. Thingiverse est un site collaboratif dans lequel les utilisateurs de machines à commande numérique échange des plans, généralement dans une licence libre afin que d’autre personne puisse les utiliser mais aussi les modifier et les améliorer.

La makerbot, une imprimante 3d peu chère et opensource que produit la société de Pettis. Les plans de cette imprimante 3D ont été publié sur Tingiverse. Avec l’aide de la communauté,  la tête extrudeuse de la makerbot a été modifiée et a été intégrée dans la version 2.

Adrian Bowyer, Rhys Jones
Présentation de la Reprap voir la présentation de Lift de Bowyer : http://www.internetactu.net/2010/07/15/fablabs-refabriquer-le-monde/
Futur développement de la reprap
- utilisation de nouveaux matériaux, comme la céramique.
http://blog.reprap.org/

20/08/2010

#fab6 : Journée 4 : Fab Lab symposium 3/5

Session Digital Fabrication

Autant la première session était vraiment trop bio pour moi autant cette session était particulièrement réussie

Hod Lipson
Rapid assemblers : from analog to digital additive additive manufacturing

Comment peut-on assembler des choses complexes?
Assembler des voxels, comment peut on en assembler des millions?



Il y a 10 ans ils ont construit du robot “imprimé”, mais il fallait mettre les moteurs, les câbles à la main.
Ils ont fait la fab@home, une imprimante 3D opensource.
Aujourd’hui ils impriment des batteries au zinc.


Au lieu de sortir du plastique comment sortir des microprocesseurs? On construit des “voxels” (3d pixels) des sphères de différentes matières.
Matériel numérique :
Key challenge
- Comment créer un voxel ?
- Comment les assembler ?
- Comment les faire fonctionner ? 



Le faire un par un va prendre des heures et des heures, ils le font en parallèle.

Ils ont un prototype de machine, c’est assez étonnant !
Ils ont d’autres protos avec des formes différentes pas seulement des sphères.



Demain les voxels intelligents

Présentation bluffante qui ouvre des perspectives vertigineuses

Johnatan Ward
Même présentation que Neil le premier jour. Fab Lab 1.0, 2.0, etc.

Digital material, les pièces sont comme des légos on peut construire des structures sans colle, sans vis, etc.

On peut construire des circuits boards par exemple. Les pièces sont en cuivre, fer, etc. On peut donc construire de vrais systèmes.
Il réfléchit aujourd’hui à des machines qui pourrait assembler ces pièces, voire même des machines construites avec ces pièces.

#fab6 : Journée 4 : Fab Lab symposium 2/5

Joseph Jackson LavaAmp/ Biocurious
Democratizing the tools of life.
DIY biologie, ils veulent travailler sur des sortes de Fab Lab/TechShop (BioFab) sur les biotechnologies. Ils créent des outils pour bidouiller les cellules à un prix très bas et travaillent également sur la démocratisation de ce type de technologies.

Passé :
Science centralisée. Dans le passé Darwin était un amateur au sens noble du terme, il ne fallait pas beaucoup d’argent. Après le monde est devenu plus complexe, et il faut beaucoup de moyens pour acheter matériel, machine, etc.
Problème : on a négligé des maladies. Personne ne travaille sur les maladies tropicales par exemple ou très peu.

Présent :
CruziELISA project :
Un projet local, pour soigner des maladies.
Créer les nouveaux équipement : les biotools
La Lavalamp, analyse de DNA très peu chère.

Futur :
Biocurious, un laboratoire BioFab.
Des enfants viennent bidouiller, hacker des cellules, apprendre la science différement.
Ce n’est pas que pour de l’éducation et formation, mais aussi pour des “distributed trials”, ils distribuent les tests dans les labs du monde entier.

http://bit.ly/biocurious

http://lava-amp.com

Tom Ran
Comment programme t-on les organismes vivants.
Pour programmer on utilise des langages de programmation qui traduisent ensuite en langage machine low level assembleur.
Ils veulent faire la même chose avec les molécules afin d’en faire des ordinateurs biologiques. La présentation permet de montrer comment avec des molécules ont peut résoudre des problèmes de logique simples. 

#fab6 : Journée 4 : Fab Lab symposium 1/5

Pas de workshop aujourd’hui, une journée de conférence bien chargée.

Ron Weiss Département of Biological Engineering MIT

Programme les cellules depuis 20 ans.
Il montre le film Wall-e, pour faire le parallèle, le robot est programmé pour faire une tâche donnée et s’adapte à son environnement. C’est ce qu’ils essayent de faire avec des cellules.
Le laboratoire a créé des cellules synthétiques avec des comportements programmés comme par exemple des cellules capteurs, qui peuvent ensuite calculer et faire des actions liés à ces calculs. Ils programment le DNA.
Modules basiques:
- Digital, analog, multicellules.
Applications, dans des systèmes complexes
- Par exemple pour soigner le cancer

Ils utilisent des protéines pour faire des signaux des 0 et des 1. Ca fait un module que l’ont peut combiner. Ils donnent ensuite des comportements à ces modules (communication, calcul, etc.)
Bon c’est assez complexe, même si je comprends ce qu’ils font c’est particulièrement difficile de suivre… Il faut de fortes connaissances en biologie synthétique… Vous trouverez une capture d’un des slides.



Quelques applications :
Ils programment des modules pour le soin des cancers par exemple, faire des sortes de virus programmés afin de lutter contre les cellules cancéreuses. Aujourd’hui le problème des thérapies c’est qu’elles ne savent pas viser spécifiquement les cellules cancéreuses. Avec des virus programmés, ils sont capables de reconnaitre les cellules cancéreuses. Le virus “infecte” une cellule, avec ses capteurs calcule pour savoir si c’est une cellule cancéreuse et si oui, la détruit.

Adam Arkin
Les cellules sont programmables c’est bien par contre ce ne sont pas des transistors, elles sont très différentes dans leur forme. Adam travaille sur des “designed microbes”.
Si je comprends bien il travaille sur la programmation de DNA.
Voila quelques slides…

Une des questions de la salle où est ce que ça va, et est-ce qu’un jour on pourra se reprogrammer ?
Réparation d’organes, soin de maladies, etc.

18/08/2010

#fab6 : Journée 3 : journée “mains dans le cambouis”

Aujourd’hui pas de conférences pour moi j’ai passé la journée dans le Fab Lab à suivre le cours “how to make (almost) anything de Gershenfeld. Nous avons utilisé plusieurs machines, laser cutter, mini milling CNC pour faire un circuit imprimé, et quelques réalisations basiques (pour ma part en tous les cas).

17/08/2010

#fab6 : Journée 2 : Atelier modèles économiques

Comment devenir pérenne ?

D’après l’animateur, aucun des labs n’atteint aujourd’hui l’équilibre financier.

Afin d’introduire l’atelier, l’animateur propose de discuter sur les premières pistes de propositions d’un groupe de travail qui a planché sur les modèles économiques possibles elles se trouvent sur le wiki du  fablab.is http://www.fablab.is/w/index.php/Proposal#Overall_Goals_within_the_Fab_ecosystem

Toujours Haakon qui répond… (Il est un des membres de la Fab Fondation) et son intervention est particulièrement cinglante… Pour lui, on recherche des solutions de business toujours top down alors que l’on est pas dans ce modèle dans les Fab Labs.
Pourtant il y a des exemples grass root. Par exemple la cup que l’on a reçu (Oui ce matin on a eu un espèce de thermos individuel gravé aux couleurs du Fab6). Ils en ont fait un business en Norvège pour des entreprises. Ils les achètent en Chine pour $10 et les vendent $35. Les entreprises les customises et les offrent en goodies.
Les Fab Labs attirent des entrepreneurs, c’est sur ça qu’il faut se baser. Le Fab Lab doit être l’infrastructure de leur business.
Par contre il reste sur cette idée, on prototype dans le FabLab mais si on doit passer à une semi mass production, il faut sortir du FabLab parce que sinon les machines sont occupées à plein temps par un seul utilisateur.

Eddy du FabLab Manchester a un autre exemple http://www.fablab.is/w/images/7/7a/Fab_Lab_Case_Study_Its_Unique.pdf

Pour résumer, des personnes sont venus avec un projet de carte postale “augmentée”. Leur design n’était pas au point ni les matériaux à utiliser. Les animateurs du Fab Lab Manchester ont passé une journée avec eux pour les aider et les conseiller dans leur projet. A la fin de la journée le projet était ok. Ils n’ont pas fait payer pour ça, mais maintenant c’est un service qu’ils offrent, aider dans le design, dans le projet, dans le choix des matériaux, et ils le facturent.
 
Pour avoir des Fab Labs pérennes il faudrait pouvoir prouver que les fab labs soient un vrai service public comme les bibliothèques municipales par exemple.

Ca part un peu en débat de super pro des Fab Labs voire questions existentielles et philosophiques. Certains proposent de scinder l’atelier en deux, les experts et les niewbies.

On part en petit groupe, je pars avec les newbies des Fab Labs.
Malheureusement il ne reste que peu de temps, on essaye de réfléchir à plusieurs thèmes : Funding, physical space, flow, staffing choice, programming activities, collaboration method, how to get in touch with other Lab.

Question autour du funding ?
Démarrer avec la moitié de ce que propose le MIT.
Demander à Ton qui dispose d’une liste de matériel Européen.

Le reste n’est pas traité ou alors trop Nord-Américain (l’animatrice est du Fab Lab Illinois..) et c’est même parfois un peu trop simple dans ses réponses.

Un petit mot de conclusion, bien qu’ils aient signé la charte du Mit, les Fab Labs sont quand même assez différents et ont une vraie couleur en fonction de leurs  leurs animateurs, leur investisseurs, etc. D’ailleurs il y eu de nombreux accrochages entre les “anciens” je pense à Haakon et les plus jeunes (Fab Lab BCN, ou Manchester). Mais je pense que l’on y reviendra.
Le deuxième point concerne les Fab Labs montés par des universités vs les Labs “privés”. Ils n’ont pas grand chose à voir… Ceux dans les universités bénéficient de l’infrastructure (locaux, logistique, etc.), ils ne cherchent du budget en gros que pour les machines. La majorité des animateurs sont des bénévoles. Du coté US d’ailleurs c’est assez étonnant ce sont souvent des retraités (du moins ce qui sont présents à la Fab6), anciens profs, community worker, etc. Ensuite ils ont des profs qui viennent durant leur temps libre s’occuper des machines de la formation, etc. Ca semble beaucoup plus simple.