Ceci n’est pas une ville. Argleton, indiquée sur googlemaps comme une bourgade au sud d’Ormshrik en Angleterre (non loin de Liverpool) n’est qu’en réalité un simple bout de champ. Léger Ester elgg, erreur grossière, trap street ou tentative de détournement du réel ? Grâce à Google, Argleton la fausse a désormais tout une hyper-économie virtuelle et une hyper-existence baudrillardienne qui lui est propre.
Source : Mike Nolan puis Telegraph.co.uk
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Document très riche de Paul Lamere qui explore les différents potentiels, algorithmes et techniques qui permettent de cartographier, visualiser des données extraites de catalogues musicaux (online).
Site de référence : http://visualizingmusic.com
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La notion d’architecture organique est complexe et ancienne. Elle est une philosophie qui promeut l’harmonie entre l’habitat humain et le monde naturel, pas seulement par l’intégration des immeubles dans la nature, comme le proposait Frank Lloyd Wright, mais en intégrant des processus biologiques dans la construction même. Elle s’est longtemps inspiré de la nature en essayant de la mimer. Mais aujourd’hui, le mouvement regarde plutôt comment l’architecture peut s’insérer dans le processus de croissance naturel, explique l’architecte Usman Haque. La conception organique est plus un verbe qu’un substantif. Elle est passé d’une architecture tentant de ressembler à la nature, à une architecture imitant la nature et est en passe de devenir une architecture naturelle, inspirée par les processus naturels, c’est-à-dire une nature qui doit vivre, pousser, grandir évoluer en même temps que nos vies. L’architecture est organique.
Pour l’architecte Matthias Hollwitch du studio HWKN, il est difficile d’être un expert dans un domaine qui évolue entre les formes, la matière et le comportement. Quels types d’architecture les formes de vie qui nous entourent génèrent-elles ? S’inspirer de la nature ne rend pas les choses réellement organiques, explique-t-il en critiquant certaines réalisation de son studio. Le vrai rôle de l’architecture organique est de réintroduire les gens dans le monde naturel… Et pour cela il faut vraiment que la nature rencontre l’architecture.
Construire des immeubles peut être une opportunité pour lancer des messages écologiques et faire que les gens y soient attentifs. D’où l’idée d’immeubles qui ressemblent et produisent des nuages pour penser la construction d’une manière plus organique ou encore l’idée de MeTreePolis (vidéo), une ville transformée par la manipulation génétique, où le béton est croisé avec des arbres. L’idée est bien de transformer les immeubles en signifiants naturels (Hollwitch parle d’Econic Design pour évoquer une conception qui fait de l’écologie une icône). MeTreePolis vise à insérer des innovations biologiques dans la ville, à croiser l’architecture et la nature, à faire fusionner le paysage naturel et l’espace urbain et libérer l’architecture de ses formes anciennes.
Rachel Armstrong est à la fois écrivain, producteur multimédia, médecin et professeur à Bartlett, l’école d’architecture de Londres. L’architecture vivante est un nouveau modèle d’architecture durable qui connecte l’environnement construit à la nature. Elle change en profondeur la façon dont on construit des bâtiments. Pour elle, il faut concevoir l’architecture comme une biosphère, c’est-à-dire faire que l’architecture soit une part de la biosphère, une part du métabolisme qui connecte les systèmes vivants à leur environnement.
Pour cela, il faut concevoir des matériaux capables de métabolisme, vivants, pensés comme des technologies vivantes. C’est-à-dire des matériaux qui possèdent quelques - pas toutes - propriétés des systèmes vivants, capables de grandir, de se réparer, de bouger, voire de se reproduire. Tout en étant robustes, sans danger, doués d’ubiquité et pas trop chers. Et pourquoi pas, capable de comprendre et de relever les défis du développement durable auquel nous sommes confrontés. Il nous faut inventer des matériaux capables de nous faire atteindre les résultats que l’on souhaite.
Pour cela, il faut s’engager dans un jardinage cellulaire, il faut cultiver l’os de silicium… Des technologies simples, utilisant des ordinateurs chimiques, des technologies de création cellulaire, basés sur la chimie des huiles par exemple, programmables par le biais de la chimie non organique peuvent permettre d’imaginer produire des résultats pour l’architecture.
Rachel Armstrong travaille ainsi à mettre au point des matériaux vivants capables de réfléchir la lumière ou d’absorber le gaz carbonique. Pour elle, il semble possible de résoudre le défi du changement climatique par la chimie. Et les architectures vivantes sont peut-être une solution pour y arriver…
On ne présente plus Niklas Zennström, fondateur de Kazaa, Skype et Joost et désormais à la tête Atomico Ventures, une société de capital risque pour aider les entrepreneurs européens.
L’entrepreneuriat aujourd’hui, c’est savoir prendre l’avantage des transformations technologiques. Les entrepreneurs pertubateurs ont aussi besoin de croire en eux. Etre ce type d’entrepreneur, ce n’est pas un job, c’est un mode de vie qui demande d’y être à plein temps. Il était facile, il y a 10 de commencer à créer des ruptures, alors que le marché était bas : cela permettait de construire des choses nouvelles. Kazaa comme bien d’autres grandes innovations de l’internet de ces dix dernières années, reposait sur la puissance du partage (comme Flickr, Youtube).
En évoquant ses succès et ses échecs, Niklas Zennström rappelle que les entrepreneurs sont là pour être créatifs, pour créer des sociétés. Pour lui, le fait d’être en Europe a été un avantage, car il a du tout de suite imaginer comment conquérir le plus large marché possible. Il n’y a pas besoin d’être dans la Silicon Valley pour réussir, même si, reconnait-il, il est difficile de trouver des financements solides en Europe. Force est de reconnaître que le capital risque reste mieux organisé aux Etats-Unis.
Avantage à être en Europe car audience rapidement internationale. Mais difficile de trouver des financements solides en Europe : le capital risque est mieux organisé aux USA. Il n’y a pas besoin d’être dan sla Silicon Valley pour réussir, leplus important c’est d’atteindre rapidement une audience internationale pour réussir. L’avantage est de devoir construire un plus large marché, dès le départ.
Pour autant, il ne faut pas oublier “qu’il faut avoir un objectif social avant d’avoir un objectif financier”.
Depuis qu’il a vu Une vérité qui dérange et rencontré Al Gore, il a été convaincu qu’il fallait faire quelque chose pour la planète. D’où son investissement désormais à soutenir l’entrepreneuriat vert et social. Reste que les entrepreneurs doivent aussi aider les politiciens à prendre de bonnes décisions en matière énergétique, “Mère nature ne sera pas là pour négocier à Copenhague”. C’est son objectif désormais avec Atomico.
“Think, Create, Learn and if you fall….Do it aigain”
Pour remporter le défi écologique qui s’annonce, il faut innover. C’est que vient expliquer Eben Bayer d’Ecovative, qui a remporté l’année dernière le Green Challenge de Picnic, doté de 500 000 euros (les finalistes de l’année dernière que nous avions évoqué en ces pages).
L’occasion de jeter un oeil sur les finalistes de cette année comme Sanne Castro de Sigmas Energy a développé un système permettant de transformer le fumier, l’urine et les déchets de cuisine en biogaz pour alimenter les poêles et les lampes des maisons rurales des pays en développement. Le sous-produit généré peut-être utilisé comme engrais et ne cause pas de déforestation. SimGas permettra le développement de son produit en utilisant le microcrédit.
Robin Chase, la fondatrice de ZipCar et http://www.goloco.org Goloco est venue présenter Open Road, un prolongement des innovations qu’elle a introduit consistant en une plateforme permettant de mieux partager nos véhicules et les voyages qu’ils nous permettent de réaliser.
Michael Mathres a présenté Mootral, un additif pour l’alimentation du bétail qui réduit la production de méthane des vaches. Quand on sait que les bonvins produisent plus d’émissions de carbone que les transports, on devine l’importance de cet additif, qui n’a pas de conséquence sur la viande ou le lait.
Robert Matthams a présenté Shiply une plateforme qui permet de mettre en contact les transporteurs et des particuliers pour utiliser l’espace inutilisé des camions.
H Van Raemdonck a présenté Ephicas Sidewing, une jupe aérodynamique pour les camions qui diminue la résistance au vent et réduit la consommation de carburant.
Dean Gregory est venu présenter Power Collective Limited une turbine éolienne capable d’accumuler de l’énergie même dans des conditions de vent faible et qui est conçue pour s’intégrer au logement urbain ou des zones écologiquement ou paysagèrement sensibles. Et c’est lui qui a remporté le Green Challenge. Shiply.com et Ephicas Sidewing ont eu des accessit et ont également reçu 100 000 euros chacun.
La Montre Verte était en expérimentation à Amsterdam pendant PICNIC, et faisait partie des projets autour desquels l’Ecomap Lab a travaillé toute la journée du 25 septembre. D’autres projets européens exploraient à leur manière le potentiel et les enjeux de la mesure environnementale décentralisée.
Les enjeux des projets participatifs de mesure environnementale
Drew Hemment dirige Imagination Lancaster, un groupe interdisciplinaire de l’université du même nom qui travaille sur “les gens, les produits, les lieux et les systèmes du futur”. Il dirige également le festival FutureEverything (qui s’appelait auparavant FutureSonic), au croisement de la musique, des arts numériques et de l’innovation urbaine.

Le projet Environment 2.0 est né en 2006 pour “explorer comment l’observation participante et la cartographie que les technologies géolocalisées rendent possible, associées avec la possibilité de partager de l’information en réseau, développe les possibilités d’observation de masse de l’environnement.” Que serait un observatoire global composé d’un milliard d’yeux humains ?
Le projet a conduit les chercheurs et artistes d’Imagination Lancaster à travailler avec des gens très différents : des électroniciens spécialisés dans la mesure, des sociologues qui travaillaient avec le Natural History Museum sur la “citizen science”, la production de connaissances scientifiques par le biais de l’intervention de non-spécialistes.
Parmi les questions que se pose le projet : Comment impliquer un très grand nombre de personnes ? Que peut-on produire de cette manière qui ne eut pas être produit différemment ? Comment intégrer et exploiter des données non-standardisées ?…
Au sein d’Environment 2.0, le projet BioTagging se proposait de créer une folksonomie des espèces animales et végétales urbaines. Climate Bubbles explorait les motivations des gens à participer à la production de connaissance environnementale, et la manière dont cette production produit des données impossibles à rassembler par des méthodes traditionnelles : par exemple, faire souffler des bulles de savon à des milliers de personnes pour mesurer le vent…
Quelles leçons pour des projets de participation de masse ? Il faut d’abord chercher la simplicité, la transparence des objectifs. Il faut une réciprocité : que ceux qui participent en retirent quelque chose, pour eux personnellement ou pour ce dans quoi ils sont engagés. Il faut en même temps laisser de la place à l’imprévu, à de nouveaux participants, à l’échec aussi, ainsi qu’à la diversité : il y aura plusieurs manières d’analyser l’environnement, pour des personnes différentes. Enfin, il faut passer d’expériences saisissantes à des expériences utiles - mais qui définit l’utilité d’un projet ? Evidemment, ceci fera l’objet de débats, notamment avec les acteurs installés, mais aussi avec les militants et les artistes engagés dans ces premiers projets.
La mesure alternative, chemin vers un dialogue plus rationnel et plus égal
René Post a ensuite présenté le projet Geluidsnet, de mesure du bruit dans la ville. Ce projet dérive d’une initiative citoyenne, qui visait à mesurer le niveau de bruit à proximité de l’aéroport international de Schiphol - à une époque où le gouvernement néerlandais refusait de le faire. Il y avait des capteurs officiels, mais ils se trouvaient opportunément en maintenance aux périodes de plus intense activité de l’aéroport. Le projet a pris quelques mois, demandé très peu d’argent, au départ les mesures étaient assez peu précises - et pourtant le projet a changé la dynamique de dialogue entre les citoyens, les régulateurs et l’exploitant de l’aéroport. Aujourd’hui l’association du départ est devenue une entreprise, qui vend des systèmes plus fiables de mesure du bruit à des municipalités ou des communautés qui le désirent.
Quels changements un tel projet a-t-il apporté concrètement ? D’abord, un échange plus rationnel. Mais il y a des cas plus concrets. Par exemple, Geluidsnet a mesuré les niveaux de bruit autour d’un aéroport militaire de l’Otan, installé en Allemagne, mais tout au bord de la frontière avec les Pays-Bas. Or si les avions commerciaux ont réduit leur niveau sonore, il n’en va pas de même des avions militaires. Geluidsnet a alors installé 13 unités de mesure et a envoyé les données au gouvernement néerlandais et à l’Otan, et l’Otan a fini par réorganiser certains itinéraires d’approche. Geluidsnet mesure également le bruit que produisent des concerts ou des dance parties, pour faciliter le dialogue avec les riverains, les pouvoirs publics ainsi qu’avec les techniciens du son. L’entreprise propose également d’évaluer les effets des nouveaux revêtements de routes, censés réduire le niveau sonore, jusqu’à l’idée de contractualiser dans la durée cette réduction : on mesure en permanence, et si l’usure de la chaussée réduit trop vite l’effet sur le bruit, l’entreprise est tenue de réparer…
Les “ecomaps”, vers des standards de visualisation de données environnementales ?
Shane Mitchell, responsable du programme Connected Urban Development de Cisco, présentait ensuite le projet Urban Ecomap, expérimenté à San Francisco puis à Amsterdam. Pour l’instant le projet produit des cartes des émissions de CO2 de différents quartiers, à partir d’analyses de certains paramètres fournis par des sources officielles : modes de transports utilisés par les habitants, habitat… Les cartes sont très peu dynamiques, ces données se renouvellent peu - l’enjeu est plutôt de travailler sur les facteurs structurels que sur les évolutions de court terme.
Un utilisateur individuel peut ensuite aller plus loin dans le système : effectuer des simulations ou recevoir des conseils sur ce qu’il pourrait faire, partager ses progrès via un réseau social, repérer sur une carte ce que d’autres utilisateurs font et ont décidé d’annoncer publiquement…
Le projet cherche aujourd’hui à s’étendre à d’autres villes, puis à évoluer vers des données temps réel et de la production décentralisée d’informations.
La visualisation de données pour faciliter l’appropriation de l’information environnementale
L’architecte espagnole Nerea Calvillo terminait la série en présentant le projet In The AIr, issu des ateliers “Visualizar” du Medialab Prado de Madrid. In the Air vise à “rendre visibles les agents invisibles qui déterminent la qualité de l’air de Madrid (gaz, particules, pollen, pathogènes, etc), pour comprendre comment ils interagissent avec la ville. Aujourd’hui des données moyennes existent, mais en fait, la situation varie considérablement d’un lieu à l’autre, d’un moment à l’autre. Et différentes personnes sont sensibles à différents facteurs. Il s’agit alors de rendre compte de cette diversité, et de faciliter l’appréhension de l’information disponible par les habitants.

Le projet a produit un dispositif de visualisation en 3 dimensions, qui facilite la lecture des données et la compréhension de leur évolution dans le temps et l’espace. La carte existe pour Madrid et Santiago du Chili, qui est une ville extrêmement polluée.
In The AIr réfléchit aussi à des dispositifs publics de restitution de l’information. Le support est un système qui diffuse des goutelettes d’eau - ce qui réduit la température et la présence de nombreux polluants - et qui prend des couleurs différentes selon le niveau de pollution.
Enfin, le projet cherche à favoriser la production décentralisée de capteurs, construits à partir de cartes d’entrée-sortie Arduino. L’un des capteurs “collectifs” issus de ce travail est emporté par un ballon, pour prendre des mesures à plusieurs niveaux d’altitude.
“L’informatique n’est plus une histoire d’ordinateurs, mais de vie.” Cette phrase de Nicholas Negroponte date d’il y a 15 ans, mais elle reste encore la plus citée des phrases de Negroponte sur Twitter ou sur Google - normal s’il la répète à chaque présentation ;-).
Si le papier est mort, ce n’est pas le cas de l’information. C’est l’utilisation créative des médias qui va nous faire avancer. L’innovation dans l’informatique vient des utilisateurs. Ce constat qui a été à l’origine de la création du Media Lab du MIT s’avère chaque jour un peu plus vrai d’autant plus à l’heure ou toute surface est appelée à devenir un dispositif d’affichage.
Avec l’OLPC, mon rôle a été de rendre possible ce qu’un marché normal aurait du faire. En 2001, on apportait des ordinateurs portables normaux dans des villages de pays en développement où il n’y avait ni téléphone, ni électricité. Cette générosité n’était pas adaptée aux conditions de vie des enfants. 100 millions d’enfants ne vont pas à l’école. Beaucoup y abandonnent l’école parce qu’elle est ennuyeuse.
C’est pour ces raisons qu’on a eu l’idée de construire l’OLPC que beaucoup ont qualifié de gadget ridicule. On l’a fait pour 2 raisons, explique Negroponte : si on ne le faisait pas, personne ne le ferait. Et nous voulions changer les valeurs de la société. Et force est de reconnaître que dans certains pays, le pari est en passe d’être gagné. L’outil est adapté aux conditions de vie. Il résiste au sable. Il est quasiment incassable dit-il en en jetant un exemplaire par terre et en faisant remarquer qu’il n’y a qu’avec l’OLPC qu’on peut faire cela. Les enfants équipés de livres deviennent des apprenants actifs, des inventeurs. Ils apprennent les uns des autres. Plus de 50 % des enfants équipés apprennent à leurs parents à lire et à écrire. “Dans une école en Afrique par exemple, nous avons donné 100 OLPC, chacun contenant 100 livres différents. D’un coup, c’est 10 000 livres qui sont arrivés dans ce village ! Qui a 10 000 livres disponible chez lui ?”
“Enseigner n’est qu’un moyen d’apprendre. Mais l’école est le seul endroit où l’on peu enseigner.” Il y a quelques années, le président de l’Uruguay emballé par le projet a annoncé que chaque enfant aurait un ordinateur et chaque école une connexion haut débit. Et cet objectif vient d’être atteint. Bien sûr, il y a encore du travail. Cela prend du temps pour une nation développée de devenir une nation créative. Mais c’est notre objectif.
Face à cette présentation, vivante mais assez convenue, une question est arrivée sur l’évalution du programme. Negroponte répond par une pirouette : “Mais qui évalue l’électricité !”
“Si nous devons nous poser la question de quel pied nous devons poser le premier pour avancer, nous allons tant y penser que nous ne marcherons jamais plus !”
L’écrivain et spécialiste de l’attention Linda Stone, nous explique que nous vivons des apnées d’informations, comme quand nous consultons nos mails depuis nos téléphones mobiles. D’un coup, nous sommes fermés au monde, nous nous replions sur l’information, nous ne faisons plus attention au monde extérieur ou aux exigences de notre corps. Et c’est souvent le cas quand nous sommes assis devant nos écrans : d’un coup nous ne respirons plus normalement. D’où la nécessité de faire des exercices de respiration… “Inspirez 3 secondes, retenez vous de respirer 2 secondes et expirez 6 secondes.”
Si l’email ou Twitter endommagent notre attention, la solution n’est pas de porter plus d’attention, mais de gérer sa respiration, explique-t-elle. Car respirer est important pour notre système nerveux. De mauvaises postures et le stress nous empêchent de respirer correctement. Plus qu’une surcharge d’information, nous vivons une surconception d’information. Or la respiration et l’attention, la respiration et l’émotion sont liées : elles communiquent entre elles. Quand vous êtes attentif, quand vous avez une émotion, vous respirez d’une toute autre manière… Etre relaxé nous permet de mieux apprendre, de mieux emagasiner l’information… Derrière cette petite règle de vie, se cache une conception plus profonde du rôle que les technologies pourraient jouer pour nous aider à mieux concevoir l’écologie informationnelle. “La conception des nouvelles technologiques devrait agir positivement sur notre santé plutôt que le contraire, et nous aider à modifier nos comportements par l’analyse de notre état biologique.”
Mais Linda Stone s’est contenté de faire le coach de nos états de santé, plutôt que nous esquisser plus avant comment l’analyse de notre état biologique pourrait aider à la conception de technologies plus respectueuse de notre nature humaine. Dommage.
Pour Josh Rubin de Cool Hunting nos interfaces ne cessent d’évoluer, passant de la dactylographie au glissement (from typing to swiping). On est passé des machines à cartes, aux claviers… Incontestablement, les interfaces alphanumériques ont permis d’élargir les travaux qu’il était possible de faire avec les machines. L’arrivée des interfaces graphiques (la souris) et des ordinateurs personnels ont permis aux machines d’être plus accessibles au plus grand nombre. Les hyperliens et les interfaces gestuelles et tactiles continuent à élargie cette assise. Et les interfaces toujours plus transparentes et intuitives vont continuer à favoriser l’adoption des machines.
Pour Michael Tchao du Nike TechLab, il fallait imaginer le prolongement du Kit Nike+iPod, ce dispositif qui permet d’enregistrer via son iPod son activité sportive via une puce qui se place dans la chaussure. Comment associer une communauté numérique et une activité physique ? Pour Michael Tchao, il a fallu comprendre la pyramide des motivations des utilisateurs. Assurément, la mesure des performances sportives permet de créer la motivation… Restait à créer des outils autour du kit qui soient simples, sociaux et amusants. Et comprendre, comment à partir de quelque chose d’aussi simple et bon marché qu’un capteur installé dans une chaussure, on pouvait essayer de créer une communauté. D’où l’idée de permettre aux utilisateurs du kit de mesurer leurs résultats, de les comparer et même de se défier…
Francesca Rosella est créatrice de mode et Ryan Genz est ingénieur. Tous deux ont fondé Cute Circuit, une société qui conçoit des vêtements technologiques ou plutôt des technologies qui se portent (wearable technology). Voilà longtemps que les gens portent de la technologie sur eux, leurs lunettes n’étant pas la moins répandue. Ils ont développé le HugShirt, le premier vêtement de télécommunication, mais également bien d’autres magnifiques vêtement comme la robe kinétique (Kinetic Dress), le Skirtelon, la Robe téléphone mobile qui intègre un micro et un écouteur dans sa manche et rend l’acte de téléphoner plus discret et plus élégant : “la valeur n’est pas dans le téléphone, mais dans l’acte de téléphoner”. Ils ont même imaginé une robe composée de 24 000 leds lumineuses, exposée actuellement à Chicago.
Demain, “Nous ne porterons plus d’habits, ils seront notre plus intime interface avec le monde”, clament-ils.
Chris Pratley de Microsoft Office Labs a montré la vidéo réalisée récemment par ses studios pour montrer comment Microsoft voit l’avenir des interfaces, malgré ce qu’il a essayé de faire, il était difficile d’en rajouter.
Dale Herigstad de Schematic rappelle que pour l’instant, nous communiquons par l’intermédiaire d’écrans. Mais que l’intelligence que nous mettons dans les écrans permet de plus en plus de se passer de commandes, pour utiliser les mains et la navigation gestuelle, comme Schematic y travaille en mettant au point un téléviseur où l’on navigue dans les programmes par les gestes de la main. Pourtant, Dale Herigstad semble impressionné par d’autres interfaces, notamment celle du casque développé par Emotiv qui consiste à faire disparaître les gestes pour passer à une interaction plus humaines utilisant la cognition, l’expression facile et les émotions. Et de montrer (vidéo) qu’on peut déjà déplacer un fauteuil roulant par ses expressions faciales, en souriant pour le faire avancer ou en clignant des yeux pour le faire tourner.